Auschwitz-Birkenau :

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le combat de toutes les générations

Par Pauline Bluteau

 

Plus de 70 ans après la tragédie provoquée par les nazis en Pologne, les camps d’Auschwitz-Birkenau sont en danger. Depuis 2009, la Fondation Auschwitz-Birkenau tente de récolter des fonds à travers le monde pour conserver ce lieu de mémoire. Un combat qui reste encore difficile à mener.

Le site d’Auschwitz-Birkenau fait grise mine. Avec plus d’1,5 million de visiteurs par an, ce camp de concentration et site de mise à mort voit son avenir menacé. Historiens, diplomates, intellectuels et anonymes tentent de protéger le site inscrit par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1979, à travers la Fondation Auschwitz-Birkenau. « Ce lieu est nécessaire à nous tous. C’est là que nous pouvons mieux comprendre la tragédie de l’Europe plongée dans la guerre et la haine mutuelle » affirme Piotr Cywinski, président de la fondation.

Construit sur un terrain marécageux, Birkenau a été le lieu de l’assassinat de près d’un million de juifs. « Ce site n’était pas fait pour durer » confirme Tal Bruttman, historien spécialiste de ce génocide. Dès le printemps 1940, les prisonniers de guerre soviétiques et polonais sont chargés, par les SS, d’édifier un premier camp de concentration de 20 hectares à Oswiecim (Auschwitz en allemand). Le camp d’extermination apparaît, quant à lui, durant l’hiver 1941 à Brzezinka (Birkenau). Aujourd’hui, que reste-il du site ? Les 45 baraques en briques où s’entassaient les travailleurs forcés, des femmes pour la plupart, les effets personnels de ces centaines de milliers de morts et quelques photographies et documents attestant du massacre. Mais pour combien de temps encore ?

« Nous sommes les héritiers d’un site qu’il faut protéger »

Piotr Cywinski, poursuit : « c’est cela qui nous guide ». Avec la fondation d’Auschwitz-Birkenau créée en 2009 par Wladyslaw Bartoszewski, le président souhaite ouvrir les yeux au monde entier sur le danger qui plane sur ce patrimoine historique. Consolider sans reconstruire, entretenir les routes, restaurer les documents et les effets personnels des victimes et plus globalement, protéger le site de 200 hectares, voilà les principaux objectifs que s’est fixée la fondation. Pour cela, « 120 millions d’euros sont nécessaires » soutient Piotr Cywinski, « Tout démolir et tout reconstruire coûterait moins cher, mais c’est impensable ». Depuis la libération des camps en 1945, seuls les barbelés entourant le site sont remplacés tous les 15 ans.

La situation alarmante a su convaincre une trentaine de pays de donner à la fondation des subsides allant de quelques milliers d’euros (Vatican, Belgique, Australie, Azerbaïdjan, Nouvelle-Zélande, Israël..) à 60 millions d’euros pour l’Allemagne. Le Canada fait également partie de ces donateurs. En juillet 2016, le Premier Ministre, Justin Trudeau a visité le site et a délivré un message de paix : « La tolérance n’est jamais suffisante, l’humanité doit apprendre à aimer les différences ». Si, à première vue, la Pologne et le Canada n’ont rien en commun, il faut savoir qu’au camp de Birkenau, un lieu est surnommé « le Canada ». A cet endroit, les effets personnels des juifs étaient entreposés, les prisonniers y voyaient un lieu plein de richesses comme l’image qu’ils avaient du pays, le Canada. De son côté, en 2011, la France a fait don de 6 millions d’euros. François Fillon, alors Premier ministre, a reconnu à Auschwitz-Birkenau toute sa signification et son importance dans l’Histoire. Un don allant de pair avec l’intérêt d’environ 60 000 visiteurs français chaque année.

crédit photo : © Samia Kidari