Community manager : une autre facette du journalisme

Par Alexandre Foatelli

A l’heure où certains sites d’information font le choix de fermer les commentaires, face à l’afflux de propos racistes ou insultants, le rôle des modérateurs au sein des rédactions est en première ligne. Rôle qui peut être tenu par des prestataires, mais aussi par des journalistes.

On l’appelle social media editor, ou plus communément community manager. Son rôle est d’abord de gérer les réseaux sociaux au niveau de la publication des contenus sur Facebook, Twitter, etc. En plus de cela, il s’occupe de la modération des commentaires sur les réseaux et sur le site. Mais le social media editor est aussi journaliste, et il peut être amené à faire du contenu en live lorsqu’il y a une grosse actualité. Enfin, il a la charge de répondre aux questions des internautes. Voilà pour la définition de ce métier chronophage. Mais pourquoi son rôle est-il indispensable ?

La modération est une responsabilité légale

Marie Slavicek a été nommée à ce poste chez Atlantico en 2012. Pour elle, l’action du community manager est essentielle « parce que toutes les rédactions sont responsables au niveau de la loi de tout ce qui est publié sur leur plate-forme ». Pour les rédactions, il n’est donc pas question de laisser passer des commentaires parfois racistes, homophobes ou encore antisémites. Certains font le choix définitif de fermer les commentaires (comme l’agence de presse Reuters, ou le Toronto Sun). « Je trouve ça dommage » commente Marie Slavicek. « Surtout que parfois, les gens apportent des choses pertinentes, des précisions sur certains articles » ajoute-t-elle.

Community manager ou journaliste, faut-il choisir ?

Reste à savoir si tout ce travail de modération incombe aux journalistes eux-mêmes, ou bien doit-il être sous-traité ? Pour Marie Slavicek, le débat est tranché : « à mon sens, une personne qui gère les réseaux sociaux sur un site d’information doit être journaliste ». La journaliste d’Atlantico précise qu’« il faut être très au fait de l’actualité et il faut aussi être capable d’apporter des réponses aux lecteurs ». Bien sûr, le besoin de faire appel à une entreprise extérieure pour gérer le travail de modération dépend aussi de la masse de commentaires qui sont postés quotidiennement. Pour les sites très consultés, des entreprises spécialisées comme Netino assure ce travail. Le Monde, L’Express ou encore France Télévisions comptent parmi leurs clients. Ce qui n’empêche pas Marie Slavicek d’être néanmoins « très sceptique sur le fait de prendre quelqu’un qui ne soit pas journaliste pour ce poste ».