• Zadistes : terrorisme vert?

    Par Anaïs Demont, Christophe-Cécil Garnier, Pierre-Yann Mazari et Gaétan Raoul

    La mort de Rémi Fraisse, jeune opposant à la construction du barrage de Sivens, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, a poussé les médias français à s’intéresser de plus prêt aux « zadistes », ces militants qui s’opposent aux « grands projets inutiles » en occupant les terrains de leur construction. Ces nouvelles formes d’activisme politique sont représentatives d’un renouveau de la contestation écologique, qui occasionnent sur le terrain, de Sivens à Notre-Dame-des-Landes en passant par Roybon, la fusion de différentes luttes sociales. Les actions menées par ces militants, parfois violentes, souvent pacifistes, ont été qualifiées par certains médias de « terrorisme » ou de « djihadisme » verts. Le recours à de telles appellations, qui a pour conséquence de décrédibiliser les zadistes comme acteurs légitimes pour débattre des choix d’aménagement du territoire, se double d’une difficulté à faire parler, dans les médias traditionnels, des militants qui se méfient des journalistes et préfèrent produire leurs propres journaux et sites internet. Des plateaux de télévision aux cabanes de Notre-Dame-des-Landes, les enquêteurs révèlent ici la complexité d’un sujet qui est bien souvent simplifié à outrance par un traitement manichéen mettant dos-à-dos les « gentils » et les « méchants ».

    Voir : Zadistes : terrorisme vert?

  • Peopolisation du politique

    Peopolisation

    Par Florian Guadalupe, Victoria Laurent, Joanna Thevenot et Alev Yildiz

     

    L’affaire Hollande-Gayet, révélée par le magazine Closer en 2014, a défrayé la chronique. Ses ramifications, du succès du livre de Valérie Trierweiller à l’ « outing » forcé de Florian Philippot, questionnent les frontières entre vie publique et vie privée des personnalités publiques, mais aussi celles entre people et politiques, presse généraliste et presse « à scandale ». Face à l’étalage dans les médias de la vie privée du président, les postures des journalistes ont fait preuve d’une grande diversité, même si, considérant la manne financière que représente la couverture d’une telle affaire, tous ont cherché à aborder le sujet. Comme le montre cette enquête, les controverses autour de la vie privée des personnalités politiques s’ancrent dans une histoire longue et découlent de nombreux facteurs, à la fois éditoriaux, économiques et idéologiques, qui se réincarnent régulièrement en fonction des spécificités médiatiques de chaque époque.

    Voir : Les politiques sont-ils des people comme les autres? 

  • La « théorie du genre » :

    Symbolisation "theorie du genre"

    Les dessous d’une controverse

    Par Alix Demaison, Quentin Battais, Frédéric Scarbonchi et Antoine Raguin

    A partir du début de l’année 2014, l’expérimentation de modules de sensibilisation à l’égalité entre filles et garçons à l’école, baptisés « ABCD de l’égalité », a déchaîné les passions. Dans la lignée des mouvements de la « Manif pour Tous », des organisations de la société civile se sont mobilisées contre une prétendue « théorie du genre » qui viserait à effacer les différences entre hommes et femmes. Comment les médias ont rendu compte de ce débat? De quelle manière les arguments des partisans et des opposants ont-ils été repris, confrontés ou instrumentalisés? Une enquête complète qui sollicite des personnalités du monde associatif, politique, intellectuel et éducatif, pour faire le point sur un sujet de société brulant.

  • Faut-il faire taire Eric Zemmour?

    Nordine_Nabili

    Par Célia Coudret, Loïk Pertuiset et Guillaume Galpin

    Le succès du dernier ouvrage d’Eric Zemmour, « Le suicide français », et sa large couverture par les médias hexagonaux sont symptomatiques du renouveau d’une pensée conservatrice, voire réactionnaire, en France. Certains journalistes appellent au boycott du polémiste sur les plateaux de télévision quant d’autres défendent ses prises de position au nom de la liberté d’expression. Dans tous les cas, les controverses autour du personnage d’Eric Zemmour interrogent la manière dont les médias organisent le débat contradictoire dans l’espace public, en créant des dispositifs de prise de parole et de réfutation des arguments qui font preuve d’une grande diversité. Journalistes, chercheurs et juristes viennent ici témoigner de la difficulté de traiter sereinement d’un tel sujet dans un climat idéologique particulièrement tendu.

     

    Voir : Faut-il faire taire Eric Zemmour?