Le plateau du Golan,

Mont Bental

pierre angulaire du Proche-Orient Est

CARNET DE VOYAGE

Le Mont Bental

Par Célia Coudret et Antoine Raguin

 

Antoine Raguin

 

 

Sur notre itinéraire, le plateau du Golan, d’où nous avons pu percevoir à quel point ce lieu est un point stratégique de cette région frontalière entre Israël-Palestine, Syrie, Liban et Jordanie.

 

 

 

 

 

 

Plateau du Golan

 

Gil Perez Guide Palestinien

Gil Perez « Notre guide et fixeur »

 » Attention mine « , ce panneau en aura fait stresser plus d’un. À la frontière de la Jordanie, entre les mines soviétiques et les villages tenus par Daesh à quelques kilomètres, la tension est palpable. On saute sur notre paire de jumelles pour mieux observer ce qui se cache entre les vallons qui nous entourent. Tout en suivant notre guide et fixeur, ce  » tourisme  » nous paraît d’un genre… particulier. Avec un groupe de 22 personnes traversant le pays en bus, il est loin d’être question de reportage de terrain, et d’investigation en zone de conflit. Nous n’avons jamais été aussi proches de ce qui fait l’actualité chaude dans cette région frontalière. Le chauffeur n’est pas franchement à l’aise, mais le chemin se poursuit.

 

Avec un bref passage par le territoire palestinien dans la matinée, nous avons vu pas moins de cinq pays dans la même journée. Quelques kilomètres plus loin, nous sommes sur le plateau du Golan. Territoire syrien au regard du droit international mais annexé par Israël, il a été conquis durant la guerre de Six jours. Surplombant tout le territoire nord-israélien, il s’élève à plus de 1 000 mètres. Une terre fertile et cultivée s’étend devant nous. À près de 1200 mètres d’altitude, nous rencontrons deux casques bleus, soldats de l’ONU, un Norvégien et un Néo-zélandais. De leur point d’observation et munis de leurs longues-vues, ils surveillent les frontières entre Israël, Syrie et Jordanie. Encore aujourd’hui, et selon l’orientation du vent, il est possible d’entendre des tirs d’armes sur le territoire syrien où sévit l’organisation du front Al-Nosra.

 

Soldats_ONU

 

Du haut du plateau, nous voyons Israël et le lac de Tibériade, principal plan d’eau douce du Proche-Orient, et qui alimente en eau potable le territoire israélien. Pour Israël, pays en forte croissance dépourvu de grands fleuves et d’une pluviométrie suffisante, la maîtrise de l’eau est un enjeu majeur, d’autant plus que le partage de cet espace frontalier est tendu, avec certains pays voisins hostiles. La vue à 360° nous donne également à voir la Syrie à l’est et le Liban au nord. Le sud du Liban, frontière fermée avec Israël et où la population à minorité chiite proche des Iraniens, est sous autorité du Hezbollah.

 

Sous ce soleil, ce silence immense et la majesté du paysage, dur de croire que les tensions sont aussi vives et qu’un conflit peut éclater à tout instant.

 

 Photos : Celia Coudret – Bernadette Pasquier