Publicité et solidarité : un duo qui marche

Page d’accueil du site de publicité solidaire Goodeed

 

Près de 8 français sur 10 sont dérangés par la publicité en ligne, selon une étude de l’Opinion Way. Pourtant, en 2014, les investissements publicitaires sur le web ont progressé de 4%. La publicité en ligne devrait même devenir, d’ici la fin de l’année, le premier média sur le marché publicitaire. La publicité solidaire est née, entre autre, de ce paradoxe.

La pub est partout : au milieu d’une vidéo, entre les deux premiers paragraphes d’un article d’actualité, sur les réseaux sociaux…. Selon une étude de l’Opinion Way de 2014 « Les français et la pub sur internet », la publicité sur le web « dérange beaucoup » (26%) les français. 52 % d’entre eux sont « un peu dérangés » par celle-ci. Plus de 8 français sur 10 se plaignent donc, d’une manière ou d’une autre, de la publicité sur internet. Pourtant, en 2014, les investissements publicitaires en ligne ont progressé de 4% à 2,89 milliards d’euros en France, selon l’observatoire e-Pub du Syndicat des régies Internet. Elle est devenue le modèle économique numéro un sur internet.

Redonner du sens à la publicité

« Donnez gratuitement en regardant une publicité » peut-on lire sur la page d’accueil de Goodeed. Ce site transforme les budgets publicitaires en revenus humanitaires. L’internaute choisit entre trois actions : offrir un repas, envoyer un vaccin ou planter un arbre. Le clic génère une vidéo que l’internaute doit regarder pendant un minimum de 20 secondes pour valider son don. Libre à lui de cliquer, ou non, sur la publicité pour en savoir plus sur le produit. La société qui diffuse la pub qui va financer une ONG ou une association caritative.

Avec ce type de projet, la publicité retrouve un certaine légitimité aux yeux de l’internaute. Il n’est plus seulement considéré comme un consommateur passif mais comme un acteur du web. Il joue un vrai rôle dans le processus publicitaire.

Remettre l’internaute au cœur du web

Avec ce système, l’internaute ne subit plus les spots publicitaires. C’est lui qui décide du moment où il les regarde. Selon l’étude de l’Opinion Way, 43% des français estiment que les spots publicitaires perturbent leur navigation sur le web. Une personne sur cinq trouverait la pub « omniprésente ».

Rendre la diffusion de la publicité moins intrusive et contraignante. C’est aussi le but de WINITI, un stop-pub en ligne solidaire. Ce logiciel gratuit permet de stopper les publicités indésirables et empêche le dépôt de cookie publicitaires. Il efface la centaine de pubs quotidiennes que voit l’internaute sur ses pages internet et les remplace par une dizaine de pubs qu’il choisit et qu’il personnalise. Cette démarche se veut aussi solidaire puisque 50% des coûts de campagnes de ces pubs sont reversés, par les annonceurs, à des associations caritatives. Ainsi, l’internaute maîtrise le nombre de publicités journalières qu’il reçoit et reprend le contrôle de son exposition publicitaire.

Ces alternatives sont peu nombreuses mais ont déjà fait leurs preuves. A ce jour, la plateforme Goodeed a enregistré plus de 950 000 dons. Reste à voir, maintenant, si ce modèle alternatif peut être étendu à échelle plus importante.

Margaux Mazellier