Ses films lui ressemblent. Elle les défend jusqu’au bout. Corinne Masiero, révélée dans l’œuvre de Cyril Mennegun, “Louise Wimmer” (2012), est une actrice engagée aussi bien dans le monde du cinéma que dans sa vie privée. Ou plutôt, celui des autres. Elle est forgée d’empathie, d’engagement, de sensibilité, de “déconne”, mais aussi d’humour pour la vie comme pour le septième art. Originaire de Douai dans le Nord, elle a vécu dans la débrouille et dans un environnement où la misère règne et celle-ci a souvent été le décor de son cinéma. 

Un cinéma social

Il suffit de regarder un des films dans lesquels Corinne Masiero a tourné et, de l’écouter sur les plateaux télévisés pour y voir un jeu de miroir. Ses engagements politiques et ses convictions ne cessent d’apparaître dans ses films. Femme vivant dans sa voiture dans Louise Wimmer (2012), employée révoltée de supermarché dans Discount (2014) ou encore directrice d’un centre pour femmes sans-abri dans Les Invisibles (2018), l’actrice prend partie pour les marginalisés de la société, les oubliés. Des éléments de sa vie peuvent même figurer dans ses films. L’actrice confiait dans une interview de Télérama en 2012, qu’elle a, comme Louise Wimmer, dû dormir dans sa voiture. Les plus démunis, elle les défend aussi bien dans la vie que dans ses rôles. Incarner des sans-abris, c’est aussi passer un message, une manière de manifester. Pour qu’elle puisse apparaître dans un film, il faut qu’elle puisse le défendre. Corinne Masiero, c’est l’expression citoyenne par le cinéma. Son amie nordiste, Sophie Penicot le confirme : “Corinne accepte les films dans lesquels elle s’y retrouve. Elle défend les causes de celles et ceux qui sont dans la merde”.

“Corinne est une admiratrice des gens

qui se démerdent vite et qui deviennent autonomes”

Sophie Penicot, amie de corinne masiero

Le cinéma et…la vie associative

La comédienne est marraine de nombreuses associations qui défendent les causes qui lui tiennent à cœur. Parmi celles-ci, figurent Essor Espoir pour donner du travail aux personnes en réinsertion ou MIAA pour les sans-abris. Elle a donné son poing levé en faveur des Gilets Jaunes qu’elle a défendu activement. D’ailleurs, elle a joué le rôle d’une ancienne gilet jaune dans le film Effacer l’historique, de Benoît Delépine sorti l’an dernier. Film mettant en avant la manipulation de nos données personnelles par les GAFAM (Google, Amazon. Facebook, Amazon et Microsoft). Un engagement de plus. 

L’humour au service du social

Le social n’interdit pas l’humour. La protagoniste de la série Capitaine Marleau est souvent qualifiée de blagueuse. Sophie Penicot souligne le côté “déconne” de son amie actrice : “Corinne a beaucoup d’humour. Dans les films, elle aime aussi s’éclater et faire la débile, se lâcher !”. Cette “éclate”, on ne la perd pas de vue dans Les Reines du Ring (2013), mettant en scène un gang de catcheuses du Nord de la France. Elle prépare même un projet sur les zombies, histoire de continuer à “délirer”.  Mais l’humour n’empêche pas de faire du cinéma social. Corinne Masiero ne voit pas le rire comme inséparable de la cause sociale. Il peut même aider, selon elle. Effacer l’historique ou Les Invisibles abordent des sujets sociétaux par le prisme de la dérision, qui contribuent à faire réfléchir le spectateur. Elle peut être un déclencheur de réflexion et Corinne Masiero en est consciente. L’actrice disait dans une interview de Télérama : “Je suis pour la désobéissance civile, mais avec humour”