Le lundi 16 mars 2020 était annoncé le premier confinement au niveau national en France. Cinq jours plus tard sortait le très attendu Animal Crossing : New Horizons (ACNH) sur la Nintendo Switch. Et autant dire que je ne pensais pas me sentir aussi exclue de la société pendant une pandémie.

Impossible de résister à la vague Animal Crossing qui a submergé le monde entier entre mars et août. Soit vous étiez comme moi sous la vague, sans Switch et sans repères, soit vous surfiez dessus comme 22 millions de joueurs dans le monde. ACNH, comme l’appellent les fans, est devenu le deuxième jeu le plus vendu sur la Switch depuis la sortie de celle-ci trois ans plus tôt en mars 2017. 

La popularité du jeu ne s’arrête cependant pas au nombre de ventes puisqu’il a envahi les réseaux sociaux. La nouvelle particularité de cet opus d’Animal Crossing ? Un mode multijoueur qui permet d’aller visiter d’autres îles que celle où vous vivez, ou comment sortir voir ses amis en plein confinement. Pour quelqu’un qui n’a pas de Switch, c’est l’équivalent de se faire priver de sortie par ses parents pendant les vacances d’été, avec en bonus une pandémie relativement déprimante.

Seul objectif : vivre sa vie

“Mais on fait quoi exactement sur Animal Crossing ?”, me suis-je demandé en voyant ma timeline Twitter envahie par le cours du navet et les chasses de tarentules. J’ai vite fini par comprendre en voyant des maisons virtuelles sortir de terre plus vite que dans les Maçons du cœur, ou encore des collections de vêtements reproduites à l’identique de celles de Gucci. Sur Animal Crossing, vous vous contentez de mener paisiblement votre vie en aménageant l’île sur laquelle vous vivez, et c’est ce qui marche.

Cela peut sembler ridicule ou inutile. Quel intérêt de décorer une maison pixellisée quand on peut décorer sa vraie maison, dans laquelle on habite ? Ou encore d’avoir un potager virtuel au lieu d’un vrai ? Sauf que mener une vie fictive normale quand le monde entier est à l’arrêt en raison du Covid-19, ça n’a rien d’anodin. J’ai donc demandé à des amies qui ont plongé dans le jeu ce qu’il leur avait apporté.

Un échappatoire très cute

Elsa a été la plus active de celles à qui j’ai demandé de me parler d’ACNH. Elle a cumulé pas moins de 1000 heures de jeu en deux mois de confinement. Elle fait partie de ceux pour qui Animal Crossing était une routine qui remplaçait celle habituelle. “Pendant le confinement, je me réveillais, je me mettais en vocal avec mes amies et on jouait à Animal Crossing toutes ensembles”, m’explique-t-elle. Pêcher, couper du bois, aménager, accueillir de nouveaux habitants et faire visiter son île à ses amies : le planning semble bien rempli pour les joueurs.

Pour Amandine, le bilan est exactement le même à peu de choses près. Elle a été jusqu’à recréer des endroits qu’elle connaissait : “J’ai voulu d’abord recréer des petites parties qui me rappelaient la vie réelle, des endroits où je ne pouvais plus aller par exemple, comme mon salon de thé préféré à l’époque !” Amandine n’est définitivement pas la seule à y avoir pensé puisque des musées ont également recréé leurs salles pour accueillir des visiteurs via le mode multijoueur.

On voit un avatar Animal Crossing devant une maison.
Pour chaque amélioration de votre maison dans le jeu, vous devrez payer une certaine somme d’argent en Clochettes… à Tom Nook, votre impitoyable propriétaire tanuki. Crédit : @lauriane_acnh

Toutes deux sont d’accord pour dire que le jeu est extrêmement chronophage et addictif, en plus d’être terriblement adorable. Ce n’est pas Charlotte, pour qui c’est la principale qualité du jeu, qui les contredira : “Ce que j’aime déjà c’est que c’est super mignon. J’essayais de faire en sorte que mon île soit mignonne et que je la trouve agréable”. Elsa m’avait aussi confié trouver le jeu cute et relaxant. Les petites bouilles animales des villageois y contribuent sûrement.

Aucun doute quant au fait qu’ACNH a bénéficié du contexte particulièrement anxiogène de la pandémie du Covid-19 qui a contribué à booster ses ventes. Les chiffres de Nintendo concernant les ventes de la Switch le confirment : 4,02 millions de consoles se sont vendues rien qu’au mois de mars. Cela représente 20% des Switch vendues sur une année. Le prix recommandé de 299€ ou 299$ n’a visiblement pas freiné les joueurs décidés à profiter de leur confinement.

Un bilan positif à l’international

Animal Crossing : New Horizons fait donc l’unanimité, et la stressée des jeux vidéos que je suis se laissera sûrement également tenter par cette aventure apaisante. Le jeu connaît régulièrement des mises à jour sous forme d’événements, où des objets spéciaux apparaissent le temps de Pâques ou encore d’Halloween. Ces événements permettent ainsi à Nintendo de fidéliser leurs joueurs en plus d’augmenter la fréquence d’utilisation de leurs jeux, sachant qu’Animal Crossing se joue en illimité.

Nintendo signe là l’opus le plus réussi et populaire de la série Animal Crossing, loin devant Animal Crossing : New Leaf sorti sur 3DS qui détenait jusque là le record avec 11,78 millions de copies vendues. Relaxant, doux et mignon, il tord le cou à de nombreux préjugés sur les jeux vidéos en étant joué à tous les âges et avec des fonctions communautaires très bien développées qui ont su convaincre. S’il se vendait encore 4 millions de copies, ACNH deviendrait le jeu Nintendo le plus vendu de tous les temps.

Auteur/Autrice

  • Après deux ans passés en Métiers du Livre à l'IUT de Paris, j'ai décidé de poursuivre en journalisme en partant étudier un an à l'Université Laval, au Québec. Je touche aujourd'hui à tous les sujets et tous les supports, de l'international au société, de la presse web au podcast. Je garde toute de même un fort intérêt pour la presse culturelle, étant une grande dévoreuse d'animes japonais, de comics (et de leurs adaptations cinématographiques), mais aussi une habituée des théâtres et des musées (mes QG sont Le Ranelagh et le Lucernaire). Quand je ne dévore pas des romans jeunesse et young adult dans le RER D, j'en écris ! Et si je ne suis pas en train de créer des univers et des personnages, je suis probablement sur un terrain de volley-ball, trop influencée par le manga Haikyuu (le nouveau Jeanne & Serge).