Avec le deuxième confinement, l’incompréhension règne dans les auto-écoles. Les cours de conduite ne sont pas maintenus, mais les candidats au permis peuvent passer l’examen. Aux Lilas (Seine-Saint-Denis), Alex Benzina, moniteur dans l’auto-école Azur Permis dénonce l’incohérence des mesures prises par le gouvernement.

Depuis que le deuxième confinement a commencé, le 29 octobre, les auto-écoles prennent leur mal en patience. Alex, moniteur aux Lilas, est actuellement en chômage technique et reste cloîtrés chez lui en attendant les nouvelles mesures gouvernementales. « Cette période est très dure, on est fermé actuellement, nous ne sommes pas considérés comme étant vitaux. C’est chômage technique pour l’instant et on attend des nouvelles le 1er décembre pour savoir si on reprend ou pas », témoigne-t-il.

L’incohérence du gouvernement

Le moniteur dénonce le manque de logique du gouvernement. « Au début, on nous a dit que les examens étaient maintenus, donc on était content parce qu’au moins on pouvait rester ouvert et on pouvait continuer à travailler et former nos élèves. Sauf que le lendemain, on a appris que cela concernait seulement les examens et que les auto-écoles n’avaient plus le droit de pratiquer leur métier », explique-t-il.

Leur rôle se cantonne, dans le cas où les auto-écoles le souhaitent, d’inscrire les élèves à l’examen du permis pendant cette période. Une affaire ubuesque au vu du manque de préparation des élèves : « Vu qu’on ne pouvait pas les préparer pour les examens, on a dû rendre toutes nos places d’examens au gouvernement », regrette-t-il.

Leur principale incompréhension provient du fait qu’un élève est autorisé à passer son permis en compagnie de trois personnes dans une voiture, mais il ne peut pas continuer l’apprentissage de la conduite avec son moniteur. Une situation qu’il déplore : « Pourquoi quand on donne des cours, on ne peut pas être tout seul avec l’élève ? Alors que l’inspecteur passe toute la journée avec des élèves différents toutes les demi-heures, avec des moniteurs derrière en plus. Il y a donc plus de risques de contamination ».

« On commençait à sortir la tête de l’eau »

Les leçons du premier confinement n’ont pas été assimilées selon lui : « On commençait à peine à sortir la tête de l’eau que là, on se retrouve avec un deuxième confinement. », explique-t-il. Avant d’ajouter « Si ça dure encore, on risque de mettre la clé sous le paillasson. On est toujours considéré comme la 5e roue du carrosse, on ne sait pas de quel côté on se trouve, si on est utile ou non. »

Les centres de code ne sont pas fermés pendant le confinement. « Si on nous avait prévenus avant on aurait pu mieux nous organiser avec les élèves pour organiser du code en ligne pour qu’ils puissent continuer à se former. Seuls ceux qui disposaient du code en ligne avant le confinement peuvent toujours y accéder, mais ceux qui faisaient le code en présentiel ne peuvent pas. », affirme Alex.

Pourtant, tout était mis en place pour assurer une protection totale aux élèves et moniteurs de l’auto-école Azur Permis. Notamment en ce qui concerne la désinfection des véhicules. Le masque était obligatoire, toutes les commandes touchées par les élèves étaient désinfectées et la voiture aérée à la fin de chaque leçon. Même programme pour les salles de codes, limitée à 6 personnes pour respecter la distanciation sociale et ouverture des fenêtres pour aérer la salle.

« Malheureusement le nerf de la guerre, c’est l’argent »

N’ayant pas pu s’entraîner depuis le second confinement, les élèves qui devaient passer leur permis avant le second confinement risquent d’autant plus d’être pénalisés pour la suite. Comme le souligne Alex, leurs élèves risquent de ne pas le passer avant d’avoir pris de nouveaux cours : « Déjà une semaine sans leçon de conduite, on perd beaucoup. Mais là ça va faire un mois. Quand les élèves avec qui on avait bien avancé vont revenir, il va falloir les remettre dans le bain, qu’ils reprennent des habitudes. Ça les pénalise, c’est plus de dépenses pour eux. Malheureusement le nerf de la guerre, c’est l’argent. »

Selon lui, les auto-écoles en ligne ou les Permis Malins sont les seuls à véritablement tirer profit de la situation. Les permis malins permettent de compléter la formation auto-école à moindre coût avant de passer le permis en candidat libre. Celui-ci peut louer un véhiculer à un tarif abordable et doit simplement être accompagné d’un proche titulaire du permis depuis cinq ans.

« Ils avaient une grande liste d’attente au niveau des permis malins, avec toutes les demandes de candidats libres. Mais ils ont fait un flop avec le précédent confinement et se sont retrouvés avec une grande liste avec une attente de près de 8 mois pour avoir une date d’examen. Ils ont profité de ce confinement-là pour pouvoir épurer cette liste et mettre le maximum d’élèves en sachant que les auto-écoles n’allaient pas assumer de mettre des élèves qui ne sont pas prêt en examen. », assure-t-il.

Pour Alex, c’est la concurrence qui va profiter de cette période : « Ça fait un moment qu’on pleure. Comme quoi on a optimisé sur le virtuel et non le réel. Ils poussent les gens à aller vers le virtuel, mais il n’y a plus le social, plus la personne en face », analyse-t-il. Au risque d’endommager plus encore, la situation des auto-écoles.

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  • Salut ! Moi c'est Timothé, je viens d'une formation axée sur le journalisme à Paris 8 avec une licence info/com, puis une lpro techniques journalistiques pour les nouveaux médias. Ayant eu la chance de produire des reportages, articles ou encore podcasts à l'université, je n'ai pas de support de communication préféré. Le tennis, biathlon et football me prennent une bonne partie de mon temps libre (assis devant l'écran), tout comme la lecture, qu'il s'agisse de romans ou d'articles, notamment les petites pépites journalistiques de Laurent Vergne sur Eurosport.