ONG Archives | Master Journalisme - Gennevilliers https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/mot-clef/ong/ De la presse écrite au web Journalisme Tue, 22 Mar 2022 12:34:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.2 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/wp-content/uploads/logo-CYU-1-1-150x150.png ONG Archives | Master Journalisme - Gennevilliers https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/mot-clef/ong/ 32 32 Dorian Dreuil : “La politique ne répond plus à l’engagement des jeunes” https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/dorian-dreuil-la-politique-ne-repond-plus-a-lengagement-des-jeunes/ https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/dorian-dreuil-la-politique-ne-repond-plus-a-lengagement-des-jeunes/#respond Wed, 16 Mar 2022 10:49:40 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=240379 L’auteur de l’ouvrage Plaidoyer pour l’engagement citoyen: le regard d’un humanitaire (2019) milite pour la participation électorale grâce à son ONG “A voté”, créée l’année dernière. Entretien avec un défenseur du progrès démocratique. Pourquoi avoir créé l’association “A voté” ? Le projet s’est créé au lendemain du second tour des élections régionales et départementales, le […]

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L’auteur de l’ouvrage Plaidoyer pour l’engagement citoyen: le regard d’un humanitaire (2019) milite pour la participation électorale grâce à son ONG “A voté”, créée l’année dernière. Entretien avec un défenseur du progrès démocratique.

Pourquoi avoir créé l’association “A voté” ?

Le projet s’est créé au lendemain du second tour des élections régionales et départementales, le 28 juin 2021, avec une singularité: être une structure autonome, apartisane, et indépendante des pouvoirs politiques. Ce type d’initiative manque en France. Notre singularité est de partir de réflexions plutôt que d’intuitions. Le travail s’est fait avec des experts comme Jean-Yves Dormagen ou Vincent Pons pour appréhender une stratégie de campagne. La question de la mal inscription électorale a conduit à nos premières mobilisations. Quant aux membres cofondateurs, ce sont des gens que j’ai croisés. Ils avaient des engagements en commun dans leurs parcours de vie, sans forcément se connaître. Avec Flore Blondel-Goupil (co-présidente, ndlr), notre idée était de les réunir.

Avez-vous cherché à impliquer majoritairement des jeunes ?

Pas vraiment. On ne pouvait pas faire l’économie de volontaires au tout début. Notre structure ne se mobilise pas seulement pour la jeunesse. Les jeunes étaient au cœur de notre première grande campagne car beaucoup d’entre eux sont mal inscrits sur les listes, mais l’association a vocation à travailler avec toutes les tranches d’âge.

Une étude de l’Institut Montaigne démontre que près de la moitié des 18-24 ans ne considèrent pas comme « très important » de vivre dans un pays gouverné démocratiquement. Cette défiance représente-t-elle un tournant vers une démocratie de l’abstention ?

Je pense que oui. Mais commenter ce chiffre revient parfois à dire que s’il n’y a pas de régime démocratique, alors c’est une dictature. Or, l’explication vient plutôt de la perte de croyance dans la démocratie. Elle est confondue avec la politique. Il y a des jeunes très mobilisés avec des temporalités différentes et des canaux de diffusion variés: vie associative, signature de pétition, mobilisation en ligne. Ils ont besoin de s’engager là où il peut y avoir de l’impact et du changement. Aujourd’hui, nos institutions n’en ont plus.

Les canaux utilisés par la jeunesse sont-ils incompris? 

Le pouvoir politique ne répond plus aux modalités d’engagement des jeunes. Il y a surtout un vrai problème de représentation des citoyens dans les institutions.

Près de 7,6 millions de Français sont mal inscrits sur les listes électorales. Que propose votre ONG pour atténuer ce phénomène ?

Des campagnes de sensibilisation ont été menées pour faire connaître ce problème et proposer des outils simples à utiliser qui réunissent toutes les informations au même endroit, comme le chatbot sur Whatsapp. A présent, l’enjeu est de rendre le système d’inscription sur les listes électorales plus automatique. Notre démocratie est l’une des dernières à avoir ce problème de manque d’automatisation des bureaux de vote. Dans des pays comme le Luxembourg par exemple, le changement de bureau de vote se fait automatiquement dès que vous déménagez.

Notre procédure doit-elle donc être révisée ?

Elle est complexe et anachronique. On peut faire énormément de choses de manière automatique avec le service public. Le vote, moyen d’expression sacré de la citoyenneté, est rendu inutilement complexe. Et toutes les théories de la sociologie du vote montrent la même chose: plus il est simple de voter, plus les gens le font.

Quel regard portez-vous sur d’autres méthodes, comme le vote obligatoire ou par correspondance ?

Le vote obligatoire condamne la démocratie. C’est un mauvais outil pour ramener les gens aux urnes. Or, la démocratie doit être la plus belle promesse de liberté, individuelle et collective. Le vote par correspondance, lui, fonctionne très bien dans des pays où les électeurs en font la demande. Il a existé en France jusqu’en 1975. Pour certains, ne pas voter est aussi l’expression d’une pensée. Nous rencontrons beaucoup d’abstentionnistes convaincus de leur choix et opposés à notre système politique.

Que vous disent-ils ?

Ils ressentent un désintérêt majeur. Ils ont le sentiment que la participation au vote n’est pas la manière la plus forte de s’engager. Dans les temps qu’on vit, il est important de respecter les différentes expressions citoyennes.

Quels sont vos résultats obtenus en matière de lutte contre l’abstention jusqu’ici ?

A la clôture des inscriptions sur les listes électorales le 4 mars, le Ministère de l’Intérieur a indiqué que 2,5 millions de personnes se sont inscrites sur les listes (depuis le lancement du portail en ligne dédié aux élections début janvier, ndlr). A travers ce chiffre, il y a une part de gens qui ont été sensibilisés par notre travail. Les réseaux sociaux nous permettent aussi de nous installer via les nouveaux espaces de discussions politiques. 

A titre personnel, vous êtes l’ancien secrétaire général de l’ONG “Action contre la Faim”. D’où vous vient votre engagement militant ?

L’engagement bénévole est un symbole démocratique. Pour ma part, il s’agit de participer à la démocratie contributive.

Qu’attendez vous dans les prochains mois ?

D’ici les élections présidentielles et législatives, le but est de réduire le nombre de mal-inscrits et lever les freins à la participation électorale. Continuer à s’engager, trouver de nouveaux bénévoles et partenaires. Il faut montrer que la politique permet de changer vraiment les choses, particulièrement chez les jeunes. 

Propos recueillis par Rayane Beyly le 05 mars 2022.

Image : https://www.a-vote.ong/avote

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La petite Afrique de Tel Aviv https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/la-petite-afrique-de-tel-aviv/ Mon, 18 May 2015 15:20:30 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=3054 CARNET DE VOYAGE Tel-Aviv     Par Christophe-Cécil Garnier et Joanna Thevenot En marge des manifestations des juifs éthiopiens à Tel Aviv, le gouvernement israélien fait face depuis 20 ans à un problème de l’immigration. L’absence de politique à ce sujet est compensée par des initiatives de la part de la population. La gare routière de […]

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  • CARNET DE VOYAGE

    Tel-Aviv

        Joanna Thevenot et Christophe Garnier
    Par Christophe-Cécil Garnier et Joanna Thevenot

    En marge des manifestations des juifs éthiopiens à Tel Aviv, le gouvernement israélien fait face depuis 20 ans à un problème de l’immigration. L’absence de politique à ce sujet est compensée par des initiatives de la part de la population.

    La gare routière de Tahana Mercazit est un monde dans un monde. Construite comme le plus grand complexe de transports au monde dans le quartier de Neve Sha’anan, elle regorge de boutiques atypiques dans des dédales de couloirs. Entre les contrefaçons de montres et les vendeurs de téléphones à la sauvette, une population entière vit ici. Comme un labyrinthe, les couloirs mènent à une partie désaffectée où est dissimulé un centre de culture yiddish. Véritable trésor caché, la pièce est envahie de livres donnés gracieusement par la population aux migrants africains. Oscar Olivier se tient au milieu de la pièce, bob vissé sur la tête comme pour masquer sa kippa. Ses petites lunettes dévoilent un regard timide. D’origine congolaise, il a émigré en Israël alors que son pays « devenait trop petit pour lui » il représente quatre fois la surface de France. Son parcours le mène à devenir le porte-parole des ONG, ainsi que la voix de plus de 53 000 demandeurs d’asile venant d’Afrique. Avec sagesse, il explique la situation difficile de l’immigration dans le pays alors que l’Etat ne délivre que des visas temporaires de trois mois. Selon Oscar « si on donnait un permis de travail aux demandeurs d’asile, on serait gagnant-gagnant car lorsque le chômage augmente, la criminalité aussi ». Le problème semble aussi particulièrement complexe dans un pays où les demandeurs d’asile sont prêts à faire « ce que les citoyens refusent de faire ». Le Congolais s’est donc ancré dans cette sous-société pour aider au maximum ses frères. Son cheval de bataille sont les mères célibataires africaines. Avec l’aide d’une association, il organise des cours pour leur apprendre à s’occuper de leurs enfants mais leur fournit aussi de la nourriture. Lui même père d’une fille de 11 ans, affirme que « dans un quartier où tout semble chaotique, il y a une lumière : l’école Rogozin ».

    Oscar Olivier

    Oscar Olivier présente une application sur la cuisine proposée aux femmes

    Atypique dans le paysage éducatif israélien, l’école Bialik-Rogozin fondée en 2004 est un havre de paix pour enfants immigrés. Eli Nechama, directeur de l’école depuis 4 ans, présente l’établissement avec fierté. Il connaît le nom de tous les enfants et a un petit mot pour chacun, les plus durs lui ont depuis longtemps fait perdre ses cheveux mais il les appelle tous « mes enfants ». Plus de 1000 élèves fréquentent cet endroit hors-norme où ils apprennent à développer leurs compétences afin de s’intégrer dans la société. Seule école publique sans enfants juifs, elle est rattachée au système éducatif gouvernemental. L’équipe, ne demande cependant aucun document d’identité pour permettre à chacun d’avoir accès à l’école.

    Eli Nechama, directeur de l’école Rogozin

    Eli Nechama, directeur de l’école Rogozin

    Avec plus de 50 nationalités mélangées, le but est de les préparer à l’avenir, peut importe ce qui leur arrivera. Plus de 36% sont des immigrés venus pour trouver du travail et plus de 15% sont des réfugiés venant principalement du Soudan et de l’Erythrée, victimes de répressions par leurs gouvernements. L’école Rogozin est la seule structure capable des les accueillir alors « qu’ils ne reçoivent pas d’Israël les services sociaux dont ils ont besoin » nous explique le directeur. Et c’est bien le problème principal. La plupart souffre de discrimination, certains ont perdu leurs parents et ont dû traverser la mer sans eux, ils viennent alors au sein de l’école et retrouvent une maison. Selon Eli Nechama, « la plupart viennent d’eux-même ». Par ces procédés révolutionnaires, l’équipe pédagogique s’est fait remarquer à de nombreuses reprises. Ils ont reçu le prix national de l’éducation mais surtout un Oscar en 2011 pour leur court métrage « Stranger no more » racontant la vie de ses élèves immigrés. On se retrouve bien loin de la débâcle politique du gouvernement avec les citoyens israéliens d’origine éthiopienne, qui ont réclamé plus de droits au début du mois de mai. « Mes étudiants sont plus chanceux que les Ethiopiens, argue le principal aux lunettes rondes. Amenez les moi, je saurais quoi faire ».

    Jean-Marc Liling : « On invite les Africains à partir, mais de leur plein gré »

    Jean-Marc Liling est avocat spécialisé dans les questions de droit d’asile et consultant pour l’organisation américaine Joint Distribution Comittee. En marge des manifestations récentes, il dresse les manquements de la politique d’immigration israélienne.

    Jean-Marc Liling

    Jean-Marc Liling

    Quelle est la situation des migrants africains en Israël ?

    La grande majorité des migrants africains en Israël sont des demandeurs d’asile qui viennent de l’Érythrée et du Soudan. Le gouvernement sait pertinemment qu’il ne peut pas les renvoyer de force car ils viennent de pays où ils étaient en danger. Par contre, comme il ne veut pas créer un appel d’air qui amènerait des dizaines, peut-être des centaines, de milliers d’Africains supplémentaires.

    Le gouvernement rend la procédure de reconnaissance du statut extrêmement difficile et du coup créant des conditions qui doivent donner le sentiment aux Africains qu’ils ne sont pas les bienvenus. On les invite à partir, mais de leur plein gré. C’est leur situation. Ils sont perçus comme « des infiltrés », des clandestins. On voudrait créer une situation où il y ait plus ou moins d’ordre dans l’arrivage mais l’État ne se donne pas les moyens, par le biais législatif et des institutions, de les accueillir.

    Si les plus vieux se disent qu’ils pourront retourner dans leurs pays quand la situation se calmera, les plus jeunes trouvent désormais que l’on peut gagner sa vie en Israël. Cela créé une ambivalence et ils ne sont plus sûrs de repartir.

    Quelle image a la population des migrants ?

    Cela touche la question de l’identité d’Israël en tant qu’état juif et démocratique. La société israélienne et ses institutions n’ont pas encore décidé quel contenu donner au fait d’être un état juif. Est-ce que c’est religieux ? Non. Est-ce que c’est national ? Peut-être. Est-ce un ensemble de valeurs ?

    Beaucoup d’Israéliens perçoivent la question de l’état juif comme le fait d’avoir une majorité importante de juifs qui y vivent. À partir du moment où l’on réfléchit différemment la question de l’identité juive de ce pays, si on se dit que ce n’est pas une question démographique mais une question de valeurs, alors on peut envisager différemment l’accueil de non-juifs en Israël. On peut se dire que c’est peut-être une responsabilité mais aussi une valeur qui devraient être au centre de la manière dont Israël se vit et se perçoit. C’est encore un débat de société majeur et peu proche d’une résolution. De mon point de vue il en va de la responsabilité de l’état d’Israël de poser les questions difficiles.

    Le gouvernement applique-t-il une politique restrictive autour de l’immigration ?

    Il y a des politiques contradictoires. Pour les travailleurs immigrés, on encourage l’arrivée dans certains pays car on a besoin de main d’œuvre bon marché, notamment dans l’agriculture, l’aide à domicile et le bâtiment. Sur l’asile, cela reste très restrictif. Et en parallèle on encourage l’immigration juive. Les différents ministères ont une politique contradictoire entre leurs besoins et ceux qu’ils sont censés servir.

    Quel est le pourcentage des migrants qui arrivent à rester en Israël ?

    Pour l’instant vont rester ceux qui n’ont pas été conduits à choisir le départ pour des pays tiers, comme l’Ouganda et le Rwanda. On parle depuis un an et demi de 4 000 migrants qui seraient repartis « de leur plein gré », puisqu’on a un peu forcé leurs décisions. Autrement, de fait, il y a 100% de migrants qui sont encore là. La question c’est : avec quel statut ? Un pourcentage quasi-nul possède le statut de réfugié et presque autant ont la possibilité de rester ici avec le statut de résident temporaire, permanent ou comme citoyen israélien.

    Les manifestations des juifs Ethiopiens ont-elles amené des éléments nouveaux sur ces questions ?

    Non. À la rigueur, les Éthiopiens avaient l’impression que l’arrivée massive de nombreux Africains les desservait car on faisait l’amalgame entre eux et les Africains clandestins. Mais ils ont leurs propres demandes. Ils sont sionistes et nationalistes et veulent les mêmes droits accordés à tout le monde dans le pays. Ce sont des problèmes qui ne sont même pas parallèles. Ce sont deux populations différentes qui ont en commun de venir d’Afrique.

    Contrôle immigrés Tel Aviv

    Photos : Bernadette Pasquier

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