Les pompes funèbres se sont retrouvées en première ligne face à l’épidémie de Covid-19. Elles ont dû s’adapter afin d’accueillir les défunts, protéger les familles endeuillées, ainsi que les employés. Leur protocole sanitaire a été renforcé, du personnel a été recruté pour effectuer un roulement et des retransmissions en direct des cérémonies funéraires ont été mises en place pour pallier aux restrictions.

Protection des clients et des salariés

Les entreprises ont pris des mesures visant à préserver clients et salariés : masques, gants, stylos à usage unique, hygiaphones… Les pompes funèbres qui le pouvaient ont également mis en place des QR Codes pour les registres de signatures et limiter les contacts.

Les rendez-vous en agence sont limités à trois personnes, dont le conseiller funéraire. « Maintenant, on est à 3 dans 15m2. Moins il y a de personnes, mieux c’est », raconte Baptiste Santilly, gérant de l’entreprise de pompes funèbres du même nom.

Les pompes funèbres ont dû revoir le protocole sanitaire afin d’accueillir les personnes décédées du Covid-19. Elles ont redoublé de vigilance sur la désinfection, avec un nettoyage systématique des cercueils, poignées et couvercles.

« Un décès dû au Covid, c’est une double housse, une mise en bière immédiate. C’est une préparation de cercueil immédiate qu’on amène à la maison de retraite ou à l’hôpital », détaille-t-il au sujet du protocole.

Une activité bousculée

Les pompes funèbres Santilly disposent de neuf agences réparties en Île-de-France et ont été très touchées. Ils ont recensé près de 400 décès dus au Covid-19 dans leurs établissements situés en Seine-Saint-Denis sur la période allant du 20 mars au 20 avril. Soit une multiplication par quatre du nombre de décès.

Pour gérer cet afflux, ils ont fait appel à davantage de personnel, « J’ai embauché 1 à 2 personnes » pour permettre un meilleur roulement. « Moi qui suis du côté administratif, là en l’occurrence, j’étais sur la préparation de cercueils. Parce qu’on avait 20-25 convois par jour, c’était énorme », raconte-t-il.

Certains établissements ont atteint des points de saturation dans les chambres funéraires et ont réorganisé leurs espaces. « Toutes les sociétés de pompes ont arrêté de compter le nombre de places de leurs chambres funéraires en place, mais en m². On a triplé, si ce n’est quadruplé notre capacité d’accueil. Avec toujours un espace réfrigéré pour les décès ‘classiques’ », explique Gautier Caton, porte-parole de la CPFM (Confédération des Pompes Funèbres et de la Marbrerie).

Le manque d’espace a donné lieu à des situations ubuesques. Au début de l’épidémie, un entrepôt funéraire avait été mis en place à Rungis pour que les funérariums, qui n’avaient pas le choix, y amènent les défunts. Le service était payant au départ, avant de devenir gratuit deux semaines plus tard, suite à la polémique suscitée.

Les pompes funèbres Santilly ont voulu éviter à tout prix d’en arriver-là pour que les familles endeuillées n’aient pas à vivre cela. « Avec l’accord de la Préfecture, on avait pu avoir des camions frigorifiques et entreposer certains cercueils quand on avait un manque de places. Ce qui permettait de ne pas les amener à Rungis », confie-t-il.

Retransmission en direct des cérémonies funéraires

Les obsèques étant limitées à un cercle restreint de 30 personnes, il a fallu s’adapter. Des établissements ont mis en place des retransmissions des cérémonies en direct pour permettre à un maximum de personnes d’y assister.

Une disposition compliquée à mettre en place d’un point de logistique, mais qui a été une réussite. « Le tour de force est d’avoir réussi à communiquer à 200 personnes le lien pour l’événement en 3 jours, ce qui n’est pas commun », souligne Gautier Caton. Il estime qu’entre 35 à 40 000 personnes ont assisté aux cérémonies en direct, offertes par les établissements Caton.

Si certains ont opté pour ce dispositif coûteux et compliqué à mettre en place, d’autres n’ont pas eu le temps de prendre les dispositions nécessaires. Baptiste Santilly explique qu’ils ont fait de leur mieux : « On prenait une vidéo du départ qu’on mettait sur une clé USB qu’on remettait ensuite à la famille. Les gens étaient très contents ». Même s’il estime que la retransmission en direct aurait été idéale.

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