information Archives | Master Journalisme - Gennevilliers https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/mot-clef/information/ De la presse écrite au web Journalisme Sun, 06 Mar 2022 17:33:54 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.2 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/wp-content/uploads/logo-CYU-1-1-150x150.png information Archives | Master Journalisme - Gennevilliers https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/mot-clef/information/ 32 32 Difficultés d’accès à l’information politique pour les sourds et malentendants: quelles solutions ? https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/difficultes-dacces-a-linformation-politique-pour-les-sourds-et-malentendants-quelles-solutions/ https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/difficultes-dacces-a-linformation-politique-pour-les-sourds-et-malentendants-quelles-solutions/#respond Fri, 25 Feb 2022 16:36:29 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=240099 69% des personnes sourdes et malentendantes estiment que les sous-titres sont de qualité insuffisante pour suivre les débats politiques, selon une étude inédite. Face à ce chiffre inquiétant, un média comme Média’Pi!, spécialement conçu pour ce public, représente une alternative indispensable.

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69% des personnes sourdes et malentendantes estiment que les sous-titres sont de qualité insuffisante pour suivre les débats politiques, selon une étude inédite de l’Ifop. Face à ce chiffre inquiétant, un média comme Média’Pi!, spécialement conçu pour ce public, représente une alternative indispensable.

Alors que la Journée internationale des personnes handicapées était célébrée ce 3 décembre, un rapport inédit de l’Ifop pour Media’Pi! et la Fondation Jean Jaurès montre l’exclusion fréquente des personnes sourdes ou malentendantes face aux médias, un enjeu d’autant plus crucial en période d’élection présidentielle. 

Discussions croisées et débats inintelligibles

Devant leurs écrans de télévision ou d’ordinateur, les personnes sourdes et malentendantes font face à des difficultés lorsqu’ils s’intéressent aux émissions politiques. 69% d’entre eux estiment que les sous-titres sont de qualité insuffisante pour suivre les débats. « Les débats politiques sont complexes à rendre intelligibles pour la communauté sourde et malentendante tant les discussions peuvent être croisées”, explique France Télévisions à la Fondation Jean Jaurès. Le groupe audiovisuel ajoute qu’il « faudrait une capacité à mettre plusieurs écrans et médaillons à l’écran avec des traducteurs en langue des signes ainsi que des sous-titres plus rapidement décryptés à l’antenne”. L’idéal serait ainsi d’attribuer un interprète à chaque intervenant. Un idéal difficile à mettre en place en réalité. Les médias travaillent sur ces questions, “mais c’est aussi une question de moyens mis sur le sujet, rappelle France Télévisions.

Des efforts du côté des médias traditionnels ?

La difficulté principale est financière, selon Noémie Churlet, fondatrice de Média’Pi!, un média conçu pour les sourds et malentendants. “Les chaînes ne sont pas du tout prêtes à adapter tous leurs contenus, ou ne pensent pas à l’intégrer dans leur budget”, déplore-t-elle. La fondatrice de Média!Pi! regrette aussi “l’absence de référent qui connaît bien le monde des sourds” au sein des médias traditionnels. “Ce référent pourrait contacter les uns et les autres pour répondre au mieux à leurs besoins, mais ça n’existe pas, ou pas assez”, constate-t-elle.

A côté de ces déceptions, elle note des progrès depuis une dizaine d’années: “On est encore loin de l’objectif à atteindre mais j’essaie de faire confiance aux chaînes pour une meilleure adaptation”. Selon une étude du CSA de 2020, sept chaînes sur onze montrent une évolution à la hausse de leur volume horaire de programmes sous-titrés.

Une solution concrète: l’exemple de Média’Pi!

A côté des efforts progressifs des chaînes de télévision, un média adapté aux sourds et malentendants apparaît comme une solution concrète pour lutter contre ce manque d’accès à l’information: Média’Pi!. Créé en 2018, ce média en ligne bilingue propose des articles en français et en langue des signes. Toute l’équipe de journalistes est sourde ou connaît la langue des signes. Il propose des articles, photos-reportages, BD et reportages sur l’actualité nationale et internationale et la communauté sourde en LSF et en français. Pour seulement 9.90€ par mois, les lecteurs trouvent un contenu de qualité et adapté à leur handicap.

Une colère face à un manque d’information adaptée

C’est sa propre expérience en tant que sourde, mais surtout sa volonté de faire changer les choses, qui a poussé Noémie Churlet à fonder ce média il y a quatre ans. “Moi même je n’ai pas vraiment eu d’éducation politique grâce à la télévision. J’étais souvent en décalage, je n’arrivais pas à suivre les débats”, explique-t-elle. Un décalage qui devient insupportable : “en 2015, il y a eu les attentats en France et j’ai vu à la télévision qu’il n’y avait pas d’interprétation, ou des sous titres de mauvaise qualité qui ne permettaient pas de comprendre ce qui était en train de se passer.”, se souvient-elle. “Le fait d’être complètement décalée face à ces informations m’a rendue très en colère”, ajoute-elle. En 2018, elle décide donc de fonder Média’Pi!. 

Noémie Churlet, sourde et fondatrice de Média’Pi!

Actualités générales et contenu personnalisé

Reportages, vidéos, enquêtes, interviews ou articles écrits, les formats proposés par Media’Pi! sont nombreux. Ce média bilingue offre un contenu d’information généraliste aux personnes qui ont de réelles difficultés à accéder à l’information sur les médias traditionnels. A côté de ces actualités généralistes indispensables, les abonnés accèdent aussi à des informations qui les concernent personnellement. Réformes politiques, manifestations culturelles, sports, nouvelles formes d’éducation…Média’Pi! publie des contenus en lien avec l’actualité liée à la communauté sourde.

Entre les vidéos très visuelles ou les plus classiques articles écrits, Media’Pi! propose un contenu diversifié mais aussi adapté aux différents niveaux de compréhension de son public. Certains préfèrent s’informer devant un article écrit  en français plutôt qu’une vidéo traduite en langue des signes. Les abonnés peuvent choisir la langue employée sur le site, “un critère primordial”, selon sa fondatrice. Ce jeune média toujours en plein développement compte presque 5000 abonnés, un chiffre que Noémie Churlet espère voir augmenter d’ici quelques années. 

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La violence comme forme de communication https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/la-violence-comme-forme-de-communication/ https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/la-violence-comme-forme-de-communication/#respond Tue, 08 Dec 2020 16:20:48 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=11139 Une des caractéristiques de nos sociétés numériques peut être le flot : flot continuel de données, de messages, d’alertes push que nous recevons tellement qu’ils ne nous affectent plus. Les informations du monde entier nous parviennent comme faisant partie de notre quotidien : plus de surprise dans ce monde où tout se voit et s’échange. Dans le […]

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Une des caractéristiques de nos sociétés numériques peut être le flot : flot continuel de données, de messages, d’alertes push que nous recevons tellement qu’ils ne nous affectent plus. Les informations du monde entier nous parviennent comme faisant partie de notre quotidien : plus de surprise dans ce monde où tout se voit et s’échange. Dans le brouhaha du contemporain, rien ne semble troubler l’usager numérique qui sur la toile se voit offrir un parcours sans embûche. Aussi, la violence ne serait-elle pas la dernière arme pour retenir son attention ? Dernière trouvaille pour se faire remarquer. Ne serions-nous pas entrés dans un monde où la communication se fait par un échange d’informations de qualité à un univers contrôlé par une quête de visibilité où la violence permet de se faire remarquer ? Le violent nouvel héros des espaces numériques : une violence qui ne connait pas de bord politique et qui s’exprime de toute part. Ne serait-elle pas alors une nouvelle figure du politique ?

En 2018, devant le 10 Downing Street, Jez Turner[i] le leader d’extrême droite anglaise propose d’exclure tous les étrangers de son pays. Dans une interview postérieure, il indiquera que son propos était loufoque, qu’il flirtait avec la loi, mais que désormais le but de la politique est de se faire remarquer. Avec la violence, cela devient possible. Si votre propos l’est suffisamment, vous passez d’une centaine d’auditeurs venus assister à votre meeting, aux milliers de retweets. Couronnement de la violence : faire le buzz et avoir comme médaille un hashtag qui vous concerne. Violence qui n’équivaut pas avec l’hubris, mais violence rationnelle.

Cette stratégie de la violence politique n’est pas la seule à exister : l’immolation par le feu de deux jeunes étudiants lyonnais et séquano-dyonisien, en 2019, ont permis de rappeler les autres acteurs de cette monstration violente d’information : Jan Palach en étant l’un des exemples les plus frappants. A quoi sert cette violence politique ? Dans un monde devenu trop plein, poussiéreux, ou plus rien n’attirerait le regard, Ionesco militait pour un théâtre violent : « Pour s’arracher au quotidien, à l’habitude, à la paresse mentale qui nous cache l’étrangeté du monde, il faut recevoir comme un véritable coup de matraque[ii]. » N’a-t-il pas fallu attendre les vidéos insoutenables des vaches à hublot produites par L214 pour qu’un réveil populaire soit lancé. Le mot réveil en lui-même fait remarquer cette volonté de se servir de la violence en politique. La violence serait-elle une réponse à la précarité des voix modernes ? Seul outil communicationnel pour exister ?

Une hésitation existe entre montrer la violence et s’en servir pour communiquer. L’hypothèse n’est pas celle d’une montée en violence de nos sociétés, mais bien plus d’une émotionnalisation du discours politique devenant de plus en plus violent. La violence comme guide de la communication : nouvel agir moderne ?

A cette violence politique répond un silence : silence face à la violence. La violence reste un incommunicable du discours. Elle plonge parfois ces victimes dans l’accommunication face au choc. Les mots de Hollande le soir de l’attentat du Bataclan retransmettent cette difficulté : « une France qui ne se laissera pas impressionner », et donc une France qui doit reprendre la parole. Face à la violence, la communication doit être rétablie.


Vous pouvez retrouver l’article d’Axel Boursier sur chez Hermes : https://hermes.hypotheses.org/4471.

[i] Infiltré dans l’ultradroite. Mon année avec l’alt-right, Arte, 2018.

[ii] Ionesco, E., Notes et contre-notes, Paris, Gallimard, 1966, p. 60.

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