web Archives | Master Journalisme - Gennevilliers https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/mot-clef/web/ De la presse écrite au web Journalisme Sun, 04 Oct 2020 16:38:28 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.2 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/wp-content/uploads/logo-CYU-1-1-150x150.png web Archives | Master Journalisme - Gennevilliers https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/mot-clef/web/ 32 32 Les attentats de Paris sur les réseaux sociaux https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/les-attentats-de-paris-sur-les-reseaux-sociaux/ Thu, 03 Dec 2015 13:43:37 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=4258   Le 13 novembre 2015, la France est victime des attaques terroristes de l’Etat Islamique. 130 morts et près de 350 blessés, c’est le bilan encore provisoire à la date où cet article est rédigé. Un pays meurtri qui cherche à comprendre le pourquoi. Les médias se sont emparés de cet événement. Alors que le […]

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Le 13 novembre 2015, la France est victime des attaques terroristes de l’Etat Islamique. 130 morts et près de 350 blessés, c’est le bilan encore provisoire à la date où cet article est rédigé. Un pays meurtri qui cherche à comprendre le pourquoi. Les médias se sont emparés de cet événement. Alors que le monde de l’audiovisuel passe en édition spéciale permanente, le web, par les réseaux sociaux, adopte un aspect plus « unitaire ».

Souvent décriés pour ses informations mises en ligne sans être vérifiées, les réseaux sociaux Twitter et Facebook, se sont quelque peu démarqués des chaines télévisées. Pendant que les chaines d’information en continue bouleversent leurs programmes, 63h de direct sans publicité pour BFM TV, et diffusent en boucle les mêmes images, Twitter et Facebook se sont transformés, temporairement, en réseaux d’aide aux familles des victimes.

Un élan de solidarité

Le #avisderecherche a été twitté 1.306 fois (source : site Topsy). Description de la personne et lieu où elle se situait le soir des attaques étaient indiqués. Ces tweets ont été partagés par des personnes n’ayant aucun lien entre elles. Même constatation sur Facebook. Les avis de recherches étaient publiés sur les deux réseaux sociaux. Là aussi un partage de grande ampleur. C’est une véritable chaine de solidarité qui s’est créée. Solidarité qui se retrouve également avec le #portesouvertes. 13 000 tweets comprenant ce hashtag ont été recensés le soir des événements. Il avait pour but d’indiquer aux personnes en danger et faisant face aux attaques de trouver des lieux où se réfugier et bénéficier de quelques soins. A l’origine de ce mouvement, de simples anonymes. Anonymes qui terrifiés par la situation ont voulu à leur manière venir en aide à ceux qui ont croisé la route des terroristes de Daesh. Sur Facebook, des comptes spécialement dédiés à la recherche des personnes disparues ont vu le jour spontanément. A l’instar du compte « Recherche Personne » suivi par plus de 6 000 personnes ou encore le compte « Recherche Proche ». Facebook a même mis en place une application « Safety Check » sur son site permettant de se signaler en sécurité. Un débat a d’ailleurs vu le jour à propos de ce service : pourquoi les autres pays en guerre ou les victimes d’attentats comme au Proche-Orient ne bénéficient pas des mêmes services ? Débat qui met en lumière le fait que lorsqu’un événement de la sorte ne se passe pas sur le territoire national, la presse n’y accorde pas la même importance. Un débat auquel les internautes ont accordé peu de leur temps durant la période qui a suivi les attentats de Paris. L’attention s’est focalisée sur les images, vidéos et rumeurs qui ont scandalisés.

Où est la limite de l’entre aide ?

« Unité », c’est le mot d’ordre revendiqué par la haute administration française. Sur les comptes Twitter et Facebook des forces de l’ordre, de la justice et du ministère, il était demandé de ne pas relayer les rumeurs sur de possibles nouvelles fusillades et photos/vidéos montrant les scènes des attentats. Les forces de l’ordre ont d’ailleurs été très actives sur les réseaux sociaux le 13 au soir et le week-end qui a suivi. Twitter et Facebook proposaient et surtout incitaient les internautes à s’abonner à leur compte/profil. De fausses informations qui ont affolé davantage la toile. Le vendredi 13 au soir, une rumeur de nouvelle fusillade à Châtelet-Les Halles sème le doute. Deux jours plus tard, le dimanche 15, autre crise de panique et confusion à République. La lumière d’un réverbère qui grille suffit à répandre la nouvelle de nouveaux échanges de coups de feux.

Facebook et Twitter ont aussi choqué. Des images montrant des cadavres, recouverts de draps blancs certes, mais le fait est là, des millions de personnes peuvent les voir. Celle qui a le plus choqué, c’est la photo prise au Bataclan montrant de nombreux corps étendus sur le sol au milieu de longues trainées de sang. Qui a pris le temps d’immortaliser cette scène et surtout qui a eu‟ l’inhumanité” de la poster à la vue de tous ?

Un choc aussi avec les diverses vidéos diffusées montrant les scènes de tueries dans les différents restaurants visés. Exemple avec celle achetée 50 000 euros par le Daily Mail. Sur la terrasse de la pizzeria Cosa Nostra, les clients tombent au fur et à mesure. Les visages des personnes attablées ne sont pas clairement indentifiables mais les actes eux le sont. Y compris ces deux jeunes femmes qui ont eu la vie sauve car les terroristes étaient à cours de munition.

Doit-on tout dire et doit-on montrer ? Le débat reste ouvert entre information et voyeurisme.

 

Elodie Taillade

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Climat : Quand le « crowdfunding » s’engage https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/climat-quand-le-crowdfunding-sengage/ Fri, 13 Nov 2015 10:26:09 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=4129 L’article Climat : Quand le « crowdfunding » s’engage est apparu en premier sur Master Journalisme - Gennevilliers.

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Par Clémentine Spiler

L’économie participative ou « crowdfunding » s’est imposée depuis la fin des années 2000, notamment grâce à internet et aux réseaux sociaux. Source d’innovation sociale et d’entrepreneuriat, elle ambitionne désormais de servir l’écologie, à l’initiative de start-ups mais aussi de grands groupes énergétiques.

Enfant chéri d’internet et de l’anticapitalisme, l’économie participative a révolutionné nos modes de financement. Son principe : faire financer son propre projet par une communauté d’individus plutôt que par une banque. L’idée n’est pas nouvelle, mais a connu une croissance exponentielle avec l’arrivée d’internet, permettant aux projets les plus fous de prendre vie. Aujourd’hui, la tendance écologique simpose sur les plateformes de crowdfunding. Une évolution logique pour deux concepts qui valorisent l’altruisme. 

Economie de sensibilisation

Les nouveaux acteurs du crowdfunding écologique sont en majorité des start-ups cherchant à innover. Les moyens de transport propres, le tourisme éco-responsable, l’habillement écologique et durable… L’idée n’est pas seulement de faire financer son projet, mais aussi de donner l’occasion au citoyen de s’approprier l’innovation écologique et par là-même de le sensibiliser à l’urgence de ces mesures.

Les entreprises l’ont bien compris : l’économie participative tire sa force du web. Ces plateformes sont aussi des réseaux sociaux. Lorsque l’on paye, on adhère à une cause, on demande à suivre l’évolution d’un projet. L’investissement devient engagé, militant. Dans le cas de l’écologie, à laquelle il est si difficile d’intéresser investisseurs et grand public, le crowdfunding s’annonce être une solution révolutionnaire.

A tel point que même les grands groupes énergétiques rejoignent le mouvement. Engie, anciennement GDF-Suez et troisième mondial dans le secteur de l’énergie a lancé cet été Greenchannel.fr, sa propre plateforme dédiée au financement des énergies renouvelables. Son fondateur, Mathieu Dancre, annonce vouloir faire financer des projets à hauteur de 100 millions d’euros en 2016. Chaque donateur recevra des dividendes. Un crowdfunding de haut vol qui relève plus de la finance que de la générosité. Ce que beaucoup d’observateurs comme Terra Eco considèrent comme une manière « d’organiser la riposte ».

Levier politique

En effet, ces grands groupes ont du souci à se faire. Au niveau local, le crowdfunding pourrait devenir un acteur majeur du développement durable. Encouragé par le gouvernement actuel qui cherche à favoriser ces initiatives. Au 1er octobre, les lois encadrant l’économie participative ont été assouplies. La loi sur la transition énergétique devrait, quant à elle, permettre aux entreprises vertes de proposer aux habitants proches de leurs installations une part de leur capital.

De quoi offrir aux internautes et aux citoyens tous les outils nécessaires pour s’impliquer et pousser les géants de l’énergie à agir. Dans le contexte d’une sensibilisation difficile aux dangers du réchauffement climatique, le crowdfunding se pose comme l’un des leviers les plus efficaces pour éveiller l’opinion.

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Publicité et solidarité : un duo qui marche https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/publicite-et-solidarite-un-duo-qui-marche/ Fri, 13 Nov 2015 10:01:44 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=4132 Page d’accueil du site de publicité solidaire Goodeed   Près de 8 français sur 10 sont dérangés par la publicité en ligne, selon une étude de l’Opinion Way. Pourtant, en 2014, les investissements publicitaires sur le web ont progressé de 4%. La publicité en ligne devrait même devenir, d’ici la fin de l’année, le premier […]

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Page d’accueil du site de publicité solidaire Goodeed

 

Près de 8 français sur 10 sont dérangés par la publicité en ligne, selon une étude de l’Opinion Way. Pourtant, en 2014, les investissements publicitaires sur le web ont progressé de 4%. La publicité en ligne devrait même devenir, d’ici la fin de l’année, le premier média sur le marché publicitaire. La publicité solidaire est née, entre autre, de ce paradoxe.

La pub est partout : au milieu d’une vidéo, entre les deux premiers paragraphes d’un article d’actualité, sur les réseaux sociaux…. Selon une étude de l’Opinion Way de 2014 « Les français et la pub sur internet », la publicité sur le web « dérange beaucoup » (26%) les français. 52 % d’entre eux sont « un peu dérangés » par celle-ci. Plus de 8 français sur 10 se plaignent donc, d’une manière ou d’une autre, de la publicité sur internet. Pourtant, en 2014, les investissements publicitaires en ligne ont progressé de 4% à 2,89 milliards d’euros en France, selon l’observatoire e-Pub du Syndicat des régies Internet. Elle est devenue le modèle économique numéro un sur internet.

Redonner du sens à la publicité

« Donnez gratuitement en regardant une publicité » peut-on lire sur la page d’accueil de Goodeed. Ce site transforme les budgets publicitaires en revenus humanitaires. L’internaute choisit entre trois actions : offrir un repas, envoyer un vaccin ou planter un arbre. Le clic génère une vidéo que l’internaute doit regarder pendant un minimum de 20 secondes pour valider son don. Libre à lui de cliquer, ou non, sur la publicité pour en savoir plus sur le produit. La société qui diffuse la pub qui va financer une ONG ou une association caritative.

Avec ce type de projet, la publicité retrouve un certaine légitimité aux yeux de l’internaute. Il n’est plus seulement considéré comme un consommateur passif mais comme un acteur du web. Il joue un vrai rôle dans le processus publicitaire.

Remettre l’internaute au cœur du web

Avec ce système, l’internaute ne subit plus les spots publicitaires. C’est lui qui décide du moment où il les regarde. Selon l’étude de l’Opinion Way, 43% des français estiment que les spots publicitaires perturbent leur navigation sur le web. Une personne sur cinq trouverait la pub « omniprésente ».

Rendre la diffusion de la publicité moins intrusive et contraignante. C’est aussi le but de WINITI, un stop-pub en ligne solidaire. Ce logiciel gratuit permet de stopper les publicités indésirables et empêche le dépôt de cookie publicitaires. Il efface la centaine de pubs quotidiennes que voit l’internaute sur ses pages internet et les remplace par une dizaine de pubs qu’il choisit et qu’il personnalise. Cette démarche se veut aussi solidaire puisque 50% des coûts de campagnes de ces pubs sont reversés, par les annonceurs, à des associations caritatives. Ainsi, l’internaute maîtrise le nombre de publicités journalières qu’il reçoit et reprend le contrôle de son exposition publicitaire.

Ces alternatives sont peu nombreuses mais ont déjà fait leurs preuves. A ce jour, la plateforme Goodeed a enregistré plus de 950 000 dons. Reste à voir, maintenant, si ce modèle alternatif peut être étendu à échelle plus importante.

Margaux Mazellier

 

 

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Youtube devient payant https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/youtube-devient-payant/ Wed, 04 Nov 2015 16:34:16 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=4092 Robert Kyncl, chef des affaires Youtube, annonce le lancement de Yotube Red en avant première à Los Angeles le 21 octobre 2015 Qui n’a pas déjà rêvé de sauter les pubs Youtube avant d’entamer la vidéo du chat qui joue du piano ? C’est désormais possible, du moins aux Etats-Unis, depuis le 28 octobre grâce […]

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Robert Kyncl, chef des affaires Youtube, annonce le lancement de Yotube Red en avant première à Los Angeles le 21 octobre 2015

Qui n’a pas déjà rêvé de sauter les pubs Youtube avant d’entamer la vidéo du chat qui joue du piano ? C’est désormais possible, du moins aux Etats-Unis, depuis le 28 octobre grâce à Youtube Red. Pour le prix d’un abonnement téléphonique mensuel 9.99 $, les internautes pourront désormais regarder leurs vidéos sans interruptions et télécharger leurs contenus pour les visionner hors ligne.

Considérées par beaucoup comme des parasites, les pubs qui ne durent pourtant que quelques secondes irritent. Un agacement bien compris par Wladimir Palant qui crée dès 2006 Adblock Plus. Ce logiciel bien connu des youtubers permet de bloquer la pub contenue sur le web. Plus encore, Adblock donne l’opportunité de choisir grâce à un filtre, « des Publicités Acceptables », sélectionnées au préalable par l’internaute. Selon leur site officiel, le fondateur d’AdBlock a déclaré  » Nous ne pensons pas que toutes les publicités soient mauvaises et nous savons qu’elles financent de nombreux sites Internet. »

Le business model de Youtube remis en question

Avec un milliard d’utilisateurs, Youtube est une mine d’or pour les publicitaires. Annonceurs et sponsors se bousculent à la porte des chaînes les plus populaires pour engranger le plus de vues possibles. Dès février 2015 la plateforme avait durci sa politique de placement de produit vis à vis des marques. Le géant du web chercherait-il à regagner son indépendance, face à des sponsors qui prennent de plus en plus de place ? Ceux qui en pâtissent le plus sont avant tout les youtubeurs, qui pour certains tirent leurs principaux revenus de leurs sponsors. C’est le cas des stars des tutos sur internet, comme Enjoy Phoenix, égérie de plusieurs marques de cosmétiques.

C’est bien le manque à gagner qui a poussé le site de partage de vidéo en ligne a créé Youtube Red. Loin devant nos Cyprien et Norman nationaux, le youtubeur le mieux payé de la planète (6,7 millions d’euros empoché en 2014), le suédois Felix Kjellberg, dît PewDiePie s’est exprimé sur le sujet sur sa page Tumblr. « Maintenant, il y a des questions restées sans réponse comme; Comment se fait-il que les youtubers ne soient pas payés pendant la période d’essai du mois de novembre ?A qui sont reversés les 10 dollars ? En valent-ils le coup ? « 

Vers un web tarifé

Prochaine étape, la création d’une plateforme musicale payant, « Youtube Key Music ». Un pas vers le streaming à l’image d’Apple Music lancé il y a peu. Avec une multitude de catégories de vidéo accessibles sur sa plateforme, Youtube cherche à concurrencer Netflix, Deeezer ou encore Spotify. Des espaces payants dès leur création, contrairement à Youtube. C’est le défis des prochaines années, faire accepter aux utilisateurs du web de payer pour un contenu livré gratuitement. Le groupe Alphabet (Google- Yoube) tente de rassurer et assure que le site restera libre d’accès pour le reste des non-premium.

Une reconversion qui paraît perdue d’avance. Selon un sondage Métro News, sur plus de 1400 votants, 94% des internautes ne sont pas favorable à une version payante de Youtube.

@Ndj_estelle

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Safe Harbor, retour sur l’invalidation https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/safe-harbor-pourquoi-linvalidation-brouillon/ Tue, 20 Oct 2015 09:30:54 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=4031 Le 6 Octobre dernier, la Cour de Justice Européenne de l’Union Européenne a rendu son verdict : le Safe Harbor n’est plus en mesure de protéger efficacement les données des internautes européens. Cette décision découle directement de l’activisme de Maximilian Schrems, un autrichien qui a fait de la protection de la vie privée numérique son cheval […]

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Le 6 Octobre dernier, la Cour de Justice Européenne de l’Union Européenne a rendu son verdict : le Safe Harbor n’est plus en mesure de protéger efficacement les données des internautes européens. Cette décision découle directement de l’activisme de Maximilian Schrems, un autrichien qui a fait de la protection de la vie privée numérique son cheval de bataille.

Le Safe Harbor, ou Sphère de sécurité, est un accord censé encadrer le stockage de données d’utilisateurs européens par des entreprises américaines directement sur leur sol. Censé seulement car la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a décidé de suspendre cet accord. Ce dernier reposait sur l’assurance que les données stockées aux Etats-Unis l’étaient avec un niveau de protection au moins équivalent à celui des pays membres de l’Espace Economique Européen (EEE). Ainsi, selon cet accord, les géants du web –et d’autres- se doivent de notifier aux utilisateurs que leurs données sont stockées et de quelle façon elles seront utilisées. De même, tout individu doit pouvoir accepter, ou non, le transfert de ces données vers une tierce personne.

La décision de la CJUE fait suite à une plainte déposée par Maximilian Schrems, un autrichien de 26 ans, à l’encontre de Facebook. L’histoire commence lorsqu’en 2011, étudiant en droit, Maximilian effectue un voyage d’études aux Etats-Unis. Sur place, il assiste à une conférence au cours de laquelle un salarié de Facebook parle des lois européennes sur la vie privée. Grossomodo, ce salarié explique à l’auditoire qu’ils peuvent « faire ce qu’ils veulent, tant que personne ne dit non, vous pouvez continuer à utiliser ces données. » Le jeune autrichien, alarmé par ces propos, demande alors au réseau social de lui faire parvenir une copie des données qu’il a emmagasinées à son sujet –ce qui est possible pour n’importe qui. Il s’aperçoit que Facebook a bien conservé toutes les données de ses activités, même celles qu’il avait supprimées. En réaction, Maximilian lance le site EuropeVsFacebook, pour sensibiliser les internautes à ce problème, et porte plainte contre l’entreprise. Cette démarche n’aboutira pas, mais Max Schrems ne baisse pas les bras. Suite aux révélations d’Edward Snowden sur le programme de surveillance de masse mis en place par la NSA, il réitère sa plainte et cible cette fois plusieurs autres entreprises, notamment Apple et Yahoo. Finalement, c’est la plainte déposée à l’encontre de Facebook qui aboutit à l’annulation du Safe Harbor par la CJUE. Cette dernière estime que l’entreprise « porte atteinte au droit fondamental à la vie privée. »

Dès lors, ces entreprises américaines se trouvent dans un vide juridique. Depuis cette décision, elles ont d’ailleurs appelé d’une voix unanime les autorités européennes à remettre sur pied une législation leur permettant de continuer leurs activités dans un cadre légal. En fait, elles peuvent déjà le faire en utilisant d’autres outils, tels l’acceptation en ligne par les usagers d’une politique sur le traitement des données, ou la signature de traités entre ces entreprises et des Etats seuls. L’inconvénient de ce second point est qu’il va à l’encontre de l’établissement d’une juridiction unique à l’échelle européenne. Ainsi, la renégociation du Safe Harbor est déjà en vue. Et il faudra considérer attentivement les garanties que les Etats-Unis peuvent apporter, eux qui sont à l’origine du programme PRISM –le programme de surveillance de la NSA. Comment être sûr que les datas des internautes européens ne se retrouveront pas entre les mains des services américains, d’autant plus lorsque Facebook et les autres ont déclaré, avec plus ou moins de bonne foi, qu’ils ignoraient tout des agissements de l’agence américaine ? Dans tous les cas, Max Schrems, qui souhaitait « faire réfléchir les autorités et les internautes sur cette problématique », a réussi son coup.

Thomas Le Hetet

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