Le Monde Archives | Master Journalisme - Gennevilliers https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/mot-clef/le-monde/ De la presse écrite au web Journalisme Wed, 23 Dec 2020 11:14:48 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.2 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/wp-content/uploads/logo-CYU-1-1-150x150.png Le Monde Archives | Master Journalisme - Gennevilliers https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/mot-clef/le-monde/ 32 32 La presse va bien, merci ! https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/la-presse-va-bien-merci/ https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/la-presse-va-bien-merci/#comments Tue, 22 Dec 2020 15:11:28 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=11184 A l’occasion d’une rencontre avec les étudiants de l’école de journalisme de Cergy-Paris Université, Jean-Paul Dietsch est revenu sur l’état de la presse en France. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, d’après le directeur général adjoint de l’Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias (ACPM), le diagnostic révèle un état de […]

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A l’occasion d’une rencontre avec les étudiants de l’école de journalisme de Cergy-Paris Université, Jean-Paul Dietsch est revenu sur l’état de la presse en France. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, d’après le directeur général adjoint de l’Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias (ACPM), le diagnostic révèle un état de forme plutôt bon.

Une définition


La presse se porte relativement bien, d’accord. Mais au juste, c’est quoi « la presse » française en 2020 ? Voilà une question à laquelle l’ACPM est parfaitement placée pour répondre. L’Agence connaît très bien les médias, puisqu’elle est leur tiers certificateur. Aucune obligation d’y adhérer toutefois, c’est au bon vouloir des différents titres et organismes de la presse. Concrètement, l’ACPM « contrôle, certifie et donne de la valeur aux chiffres des médias », comme l’indique son site internet.

Deux fois par an Jean-Paul Dietsch et son équipe dressent un bilan chiffré de la presse, synonyme aussi d’une photographie des grandes tendances. A l’heure du numérique toutefois, plus question de s’en tenir uniquement au support papier. C’est donc depuis 2011 que l’ACPM comptabilise également la presse en versions numériques, en tant que relais digital du papier.

Au total, ce sont quelque 3000 titres qui circulent en France (le pays où il y a le plus d’éditeurs et de sociétés d’édition au monde !). Certains vivent de la pub et d’autres non, certains sous la forme de fanzine et d’autres de lettres. Sur ce total, environ 1500 titres peuvent être achetés en kiosques. Le regard de l’ACPM porte quant à lui sur 700 d’entre eux.

L’encre sur le papier n’est pas prête de s’arrêter de couler, d’après Jean-Paul Dietsch


Grandes tendances : baisse du volume, vent en poupe pour les quotidiens nationaux, la presse vélo et la presse enfant


Un ensemble de 1500 titres chez nos marchands de journaux donc, pour un total de 3 milliards d’exemplaires diffusés chaque année. Cela peut paraître beaucoup (ça l’est toujours), pourtant la tendance en termes de volume est à la baisse. « Depuis une dizaine d’année, on constate une érosion des journaux. Il y a une profusion des médias et l’émergence de nouvelles façons de s’informer » explique le directeur général adjoint.

Une légère baisse de forme d’après Jean-Paul Dietsch, qui ne concernerait cependant pas toute la presse. Il le dit, « les grands quotidiens nationaux comme Le Monde ou Les Echos ont le vent en poupe ». Une dynamique qui d’après lui s’explique par le besoin d’information « vérifiée et de qualité dans une période anxiogène ». Pour preuve, Le Monde est même en train de battre son propre record en atteignant les 400 000 exemplaires diffusés, une première depuis des décennies, dont la moitié en version numérique.

La crise sanitaire serait donc le facteur d’une année exceptionnelle pour certains de ces titres de la presse quotidienne nationale. Depuis son apparition en décembre 2019, la pandémie de la Covid-19 a amené avec elle de très nombreuses interrogations autour d’un nouveau virus. La presse a permis de donner des informations vérifiées, en contre-pied de fake-news occupant quant à elles un important espace de visibilité sur Internet et les réseaux sociaux.

Les quotidiens nationaux ne sont pas les seuls à avoir profité de cette conjoncture. Autre gagnante, la presse à centre d’intérêts pour le vélo. D’après Jean-Paul Diestch, celle-ci est « en train d’exploser ». Une presse qui profiterait ainsi du « boom » de la demande pour ce mode de transport, dont les ventes ont été boostées tout au long de l’année.

Même dynamique du côté de la presse jeunesse, qui ne cesse de progresser. La faute (ou plutôt grâce) à des parents qui souhaitent nourrir l’esprit de leurs rejetons autrement que par les écrans, d’après le directeur général adjoint de l’ACPM. Un succès et une substitution aux tablettes et télévisions qui s’expliquent d’autant plus par les confinements à la maison.

Avec le confinement, l’une des grandes gagnantes, la presse jeunesse


Vous avez dit « crises » ?


Une « crise dans la presse » ? Certains le pensent, que nenni pour Jean-Paul Diestch. « Nous vivons des cycles. Certes il y a une érosion, les médias sont de plus en plus nombreux, mais on reste toujours fort, présent et nécessaire ». L’âge d’or de la presse est derrière nous, mais pour autant l’encre n’a pas fini de couler, loin de là. « Les médias sont en train de se réinventer, de changer leur fusil d’épaule » martèle-t-il.

Et si la crise sanitaire est quant à elle est bien réelle, son impact sur la presse hexagonale n’a pas été que négatif aux yeux de l’ACPM. Au cours du premier confinement, « tous les médias ont été surconsommés par rapport à d’habitude ». Mais paradoxalement, ils ont perdu de l’argent faute d’annonceurs, souligne Jean-Paul Dietsch. Ces derniers s’étaient alors retirés de tous les plans de communications, face à la dimension incertaine de cette période.

Seule véritable zone d’ombre pour le directeur général adjoint de l’Agence, le tarif des journaux en augmentation constante depuis quelques années. Par conséquent cela exclurait une partie de la population qui n’aurait tout simplement plus les moyens de s’informer de la sorte.

Le regard de Jean-Paul Diestch est donc rempli d’un certain optimisme à l’égard du secteur. Une presse qui serait plus que jamais multiforme, en pleine mutation économique dans un contexte de destruction créatrice, et sans que l’odeur du papier ne s’estompe totalement. Pourvu que cela dure !

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Découvrons Trappes de l’intérieur… https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/decouvrons-trappes-de-linterieur/ https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/decouvrons-trappes-de-linterieur/#respond Fri, 13 Nov 2020 15:50:08 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=10417 La Communauté est une enquête de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, parue le 3 janvier 2018 aux éditions Albin Michel. Ces dernières sont journalistes et reporters au journal Le Monde. Elles ont remporté le premier Prix littéraire Hervé Ghesquière pour cet ouvrage. La Communauté est leur troisième œuvre en collaboration. Elles ont effectivement cosigné en […]

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La Communauté est une enquête de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, parue le 3 janvier 2018 aux éditions Albin Michel.

Ces dernières sont journalistes et reporters au journal Le Monde. Elles ont remporté le premier Prix littéraire Hervé Ghesquière pour cet ouvrage. La Communauté est leur troisième œuvre en collaboration. Elles ont effectivement cosigné en 2007 La Femme fatale, puis Les Strauss-Kahn en 2012.

La Communauté retrace l’évolution historique de Trappes et la manière dont cette ville des Yvelines est devenue une véritable communauté. Des années 1960 à 2017, la population de Trappes s’est transformée. Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin soulignent la transition entre une génération recherchant la discrétion et l’intégration et une autre prise entre chômage, délinquance et radicalisation religieuse. Au fil des pages, la ville moderne destinée à accueillir la main d’œuvre ouvrière étrangère des Trente Glorieuses se transforme en une ville abandonnée de tous au sein de laquelle se développe une communauté fermée sur elle-même. Cette enquête sociologique et historique m’a fortement intéressée. La combinaison entre travail journalistique et écriture narrative m’a permis d’avoir une approche réaliste du sujet, mais aussi de m’impliquer émotionnellement dans l’enquête.

En effet, les auteures commencent leur essai presque comme un roman. Nous sommes plongés directement dans l’action. A Trappes, en 1990, des jeunes courent et sautent entre les lignes de chemin de fer «pour briller devant les filles et tromper la mort».

Leur course folle est stoppée par un train lancé à pleine vitesse. Bilan : un mort et un blessé. Nous apprenons rapidement que le survivant est Jamel Debbouze, quatorze ans, enfant de Trappes et habitué de la Place des Merisiers. Forcément, avec une entrée aussi fracassante dans l’enquête, j’ai été directement captivée par le récit. Dans les premiers chapitres, les journalistes appuient sur quelques célébrités issues de Trappes, comme Jamel Debbouze, Omar Sy ou encore Nicolas Anelka. Ces zooms s’attardant sur l’enfance, l’intimité et le quotidien de ces stars en devenir ont permis de capter mon attention. Mais ils permettent aussi d’illustrer la réalité de Trappes et donc d’adopter un regard sociologique.

Après cette approche émotionnelle et personnelle, j’ai découvert, dès le chapitre 3, le contexte politique de Trappes des années 1960 aux années 1980. L’approche historique des auteures est assez décousue, les événements n’apparaissent pas dans l’ordre chronologique, mais la logique du récit m’a semblé bonne et m’a donné l’impression de ne pas lire la page Wikipédia de la ville de Trappes. Le regard des deux auteures sur les communistes à la tête de Trappes est juste et transparent. Au fil de ma lecture, l’objectivité et la bienveillance de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin m’ont permis d’entrevoir le basculement de Trappes dans le fondamentalisme religieux. Évidemment, j’ai trouvé le constat des deux journalistes préoccupant mais elles ne tombent pas dans le sensationnalisme et la recherche du scandale.

En effet, j’ai apprécié qu’elles mettent aussi en avant des figures trappistes qui tentent de rétablir une paix sociale et une certaine rationalité au sein de la communauté. Par exemple, le rôle de l’islamologue Rachid Benzine est central au sein de plusieurs chapitres. Il vient contraster avec les autres protagonistes, il prône une lecture tolérante du Coran. J’ai trouvé son portrait particulièrement intéressant et perspicace dans le cours de l’enquête. La Communauté m’a permis de voir d’un nouvel œil la population cosmopolite de Trappes. Les auteures nous font traverser tous les événements majeurs qui ont bouleversé à jamais le paysage politique et social de cette ville des Yvelines : la crise économique, le développement de l’antisémitisme, la question du voile dans l’espace public, la disparition du Parti communiste, les attentats de Charlie Hebdo… Les émotions et sentiments des différents protagonistes sont bien retranscrits et permettent d’adopter un regard bienveillant et compréhensif. D’ailleurs, certains pourront peut-être trouver que les mots utilisés ne sont pas assez durs et que les deux journalistes n’appuient pas sur ce qui fait mal.

J’ai été particulièrement captivée par l’histoire de Sihem (19 ans et jeune maman), Bilal (22ans et mari de Sihem), Fayçal (18 ans et étudiant en économie) et Mansour (en CDD chez Métro). Ils décident de partir tous les quatre en voiture à Gazantiep, ville turque, porte d’entrée de la Syrie, mais sont stoppés par un accident de circulation. Ils sont fascinés par des membres de leur entourage partis en Syrie faire le djihad. Leurs portraits sont dressés avec beaucoup de détails, les deux journalistes m’ont donné l’impression de connaître ces jeunes adultes et m’ont permis de comprendre un peu mieux leurs motivations. Leur périple est raconté comme dans un roman et m’a beaucoup intéressé.

Au delà d’une enquête, ce chapitre relate un témoignage, une histoire personnelle. Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin ont donc réussi à me tenir captiver tout au long des 330 pages de leur enquête. L’alternance entre histoire personnelles et travail historique et sociologique est très bien menée. Plus qu’une simple enquête journalistique, j’ai parfois eu l’impression de lire un roman. Leur travail journalistique sérieux m’a permis de découvrir de nombreux détails sur Trappes et ses habitants.

C’est une enquête journalistique que je recommande à tous !

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De nouvelles sources de revenus pour les médias https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/de-nouvelles-sources-de-revenus-medias/ https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/de-nouvelles-sources-de-revenus-medias/#respond Tue, 13 Mar 2018 13:43:41 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=5947 Par : Louise Guibert, Juila Inventar, Jessie Nganga, Julien Vattaire, Lorraine Redaud, Mathilde Francou Aujourd’hui le secteur de la presse écrite est de plus en plus en difficulté économiquement. Dans ce contexte, certains journaux adoptent des méthodes de financement alternatives. Le Monde et The Guardian font partie de ces médias : ils suivent deux démarches différentes. […]

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Par : Louise Guibert, Juila Inventar, Jessie Nganga, Julien Vattaire, Lorraine Redaud, Mathilde Francou

Aujourd’hui le secteur de la presse écrite est de plus en plus en difficulté économiquement. Dans ce contexte, certains journaux adoptent des méthodes de financement alternatives. Le Monde et The Guardian font partie de ces médias : ils suivent deux démarches différentes.

Le journal Le Monde utilise des contenus sponsorisés pour son application mais aussi pour son site web. Dans les deux cas, ces publicités sont accessibles seulement pour les personnes qui ne sont pas abonnés au journal. En cliquant sur l’encart, l’utilisateur est redirigé vers une page publicitaire de la marque. Ce n’est pas un article mais une succession d’informations sur le produit. C’est l’algorithme Outbrain qui suggère les contenus sponsorisés : il utilise les cookies de l’utilisateur pour lui proposer les liens les plus pertinents.

Le journal Le Monde utilise des contenus sponsorisés pour son application mais aussi pour son site web. Dans les deux cas, ces publicités sont accessibles seulement aux personnes qui ne sont pas abonnées au journal. En cliquant sur l’encart, l’utilisateur est redirigé vers une page publicitaire de la marque. Ce n’est pas un article mais une succession d’informations sur le produit. C’est l’algorithme Outbrain qui suggère les contenus sponsorisés : il utilise les cookies de l’utilisateur pour lui proposer les liens les plus pertinents.

Le Monde utilise également une autre méthode : le « brand content ».   Ce terme anglais désigne les contenus produits plus ou moins directement par une marque, dans une logique de marketing. Les objectifs du brand content sont multiples : obtenir de la visibilité, délivrer des contenus aux individus, et affirmer l’expertise de la marque. Concrètement, ce concept s’illustre par l’utilisation de la mention « conçu et proposé par ». Ces articles ne sont pas rédigés par la rédaction mais par un prestataire extérieur. Par exemple : la MAIF, Dell, etc.

Le Monde a aussi créé un espace web dédié à IBM : Les clés de demain. C’est un site d’actualité dans lequel la rédaction du journal Le Monde n’intervient pas.

Les entreprises qui réalisent les contenus sont « Take Part Média » et « M Publicité ». Le Monde a donc dans ce cas une position d’hébergeur, et non de contributeur.

Quand la collaboration devient plus poussée 

D’autres médias sont sollicités par des marques pour écrire des articles d’investigation sur leurs produits. C’est notamment le cas pour The Guardian, avec sa plateforme spécialisée en B2B, The Guardian Labs. En effet, le journal accepte le financement des entreprises. Cependant, avant d’accepter un accord, les rédacteurs en chef ont le dernier mot. Les journalistes sont donc impliqués mais le contenu est éditorialement indépendant. Le site le précise via la mention  » supported by « . Concrètement, l’entreprise qui finance l’article n’a pas de droit de relecture.

Par exemple, The Guardian Labs a collaboré avec Spotify pour réaliser une playlist personnalisée. Ainsi, Spotify a créé l’algorithme Discover Weekly. L’article des journalistes décrit cette expérience. Ils ont tenté de découvrir lequel de l’algorithme ou des spécialistes musicaux pouvait mieux prédire les goûts et les genres préférés des utilisateurs. Les spécialistes ont retrouvé les personnes autour d’un café afin de mieux comprendre leurs attentes. L’algorithme, lui, s’est synchronisé aux comptes Spotify des utilisateurs pour leur proposer des nouvelles playlist en fonction de leur historique d’écoute.

Une déontologie remise en cause 

Comme pour Le Monde, The Guardian propose également des contenus produits par la marque seule. Dans ce cas, la rédaction n ‘est pas impliquée dans la production des articles. Ils sont signalés par la mention « contenu payant/payé par » ou encore « contenu de l’annonceur ».

Il y a donc plusieurs types de brand content. Dans les deux médias traités, ils peuvent choisir entre laisser le contrôle à la marque ou avoir le dernier mot. Ce concept peut remettre en cause la déontologie du métier de journaliste. Effectivement, se pose la question de la limite entre la communication et le journalisme.

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