Féminismes https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/sujet/societe/feminismes/ De la presse écrite au web Journalisme Sat, 11 Mar 2023 12:17:50 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.2 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/wp-content/uploads/logo-CYU-1-1-150x150.png Féminismes https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/sujet/societe/feminismes/ 32 32 Leading Lady Parts: front contre le sexisme https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/leading-lady-parts-les-actrices-britanniques-font-front-contre-le-sexisme/ https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/leading-lady-parts-les-actrices-britanniques-font-front-contre-le-sexisme/#respond Fri, 10 Mar 2023 15:48:44 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=241537 L’article Leading Lady Parts: front contre le sexisme est apparu en premier sur Master Journalisme - Gennevilliers.

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En août 2018, deux ans après la (re) naissance du mouvement Me Too, la BBC sort une vidéo mettant en scène différentes actrices qui passent un casting pour un rôle principal féminin. Face à deux directrices et un directeur, les candidates vont subir de nombreuses réflexions sexistes, mais aussi racistes. Tendant à prendre un sujet sérieux sur le ton de l’humour, notamment avec la célèbre comédienne britannique Catherine Tate, cette représentation dénonce l’objectivation que les femmes subissent lors des castings et les réflexions qu’elles peuvent recevoir sur leur physique, leur origine ou encore leur poids pour ne citer que ces exemples. Emilia Clarke, Gemma Chan ou encore Florence Pugh mettent en lumière des situations qu’elles ont réellement eu l’occasion d’endurer.

La Directrice de casting demande à F. Pugh « Pouvez-vous être un tout petit peu plus mince ? »

On ne l’écoute pas, on ne prend pas en compte ses différences, mais plus que ça : on cantonne les femmes à un modèle homogène. Ce problème présent entre autres dans le domaine de l’art tend à refléter le sexisme, le racisme ainsi que toute la sexualisation qui objective la femme sans considérer les différences de ses dernières.

Au final, si les nombreuses réflexions des directeurs et directrices (car oui, les réflexions sexistes sont aussi faites par des femmes…) font sourire, choque surtout par la réalité des termes employés, les actrices n’ont pas réussi à dire leurs partitions « it’s all I ever wanted, a chance for me to speak » (c’est tout ce que j’ai toujours voulu, une chance pour moi de parler.)

La Directrice de casting demande à F. Pugh « Pouvez-vous être un tout petit peu plus mince ? »

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Comment les marques ont-elles repensé les modèles de masculinité depuis MeToo ? https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/comment-les-marques-ont-elles-repense-les-modeles-de-masculinite-depuis-metoo/ https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/comment-les-marques-ont-elles-repense-les-modeles-de-masculinite-depuis-metoo/#respond Thu, 09 Mar 2023 21:40:35 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=241518 Si la parole des femmes s’est libérée, c’est également le moment de changer la perception des femmes et des hommes. Certaines marques l’ont fait à travers la publicité. La libération de la parole des femmes et des victimes de violences sexistes et sexuelles entraînée par la révélation de l’affaire Weinstein en 2017 a bousculé nos […]

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Si la parole des femmes s’est libérée, c’est également le moment de changer la perception des femmes et des hommes. Certaines marques l’ont fait à travers la publicité.

La libération de la parole des femmes et des victimes de violences sexistes et sexuelles entraînée par la révélation de l’affaire Weinstein en 2017 a bousculé nos manières de pensée. Elle nous a également amené à nous interroger sur la perception qu’on a des féminités et des masculinités dans nos sociétés occidentales. En cela, certaines marques n’ont pas hésité à revoir leurs copies en proposant des représentations d’hommes plus conformes aux prises de conscience déclenchées par l’ère MeToo. Ainsi, de nouveaux  modèles de masculinités positives qui se veulent conscientisés par le sexisme et la misogynie systémique ont émergé dans la publicité.

Promouvoir des modèles positifs 

En 2019, la marque de rasoir Gillette publie un nouveau spot publicitaire questionnant le rapport des hommes face au patriarcat. La marque réinvente en remplaçant son fameux slogan “la perfection au masculin” par “The Best Man Can Be” , « Le meilleur homme qui puisse être » en français. La publicité met en lumière non seulement les conséquences et la pression qu’entraînent le patriarcat sur les hommes mais également que ce n’est pas une fatalité. La publicité montre des scènes de harcèlement, la violence intrinsèque dans l’éducation masculine, le manterrupting autrement dit le fait de couper la parole aux femmes entre autres et d’autres agressions symboliques que subissent les femmes. 

Dans la publicité, on retrouve également les extraits de vidéo d’interventions quand le scandale de l’affaire Weinstein en 2017 a éclaté. Cette vidéo a reçu un accueil mitigé. Si certaines personnes se sont réjouis de cette prise de conscience, d’autres ont déclenché une polémique. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont dénoncé un discours ”politiquement correct”. La marque Gillette a été accusée d’être une entreprise “anti-mâle”. La vidéo a eu trois fois plus de dislikes que de likes sur YouTube. Malgré ce backlash, ce spot publicitaire entrera dans la postérité pour avoir à la fois interrogé les modèles masculins véhiculés par la publicité et dénoncé le patriarcat.

Publicité Gillette

Montrer des corps d’hommes non stéréotypés

La publicité pour des produits réservés aux hommes présente en général un modèle type d’homme : il est grand, musclé, mince, non poilu, hyper viriliste. Pourtant, ces modèles ne reflètent pas la majorité des types d’homme. La généralisation du mouvement MeToo en 2017 a permis de questionner les agences de publicités sur les modèles de masculinités véhiculés à travers leurs productions.

En 2021, la marque de vêtement Celio lance sa nouvelle campagne de publicités “Be normal”, “fièrement normal” en français. “Chez celio, depuis près de 40 ans, nous sommes fiers d’habiller les hommes ordinaires, nous faisons de beaux vêtements, simples, confortables et pas chers, qui sont taillés pour le quotidien”, se félicite la marque.

Dans les affiches et les campagnes vidéo, on retrouve plusieurs modèles masculins notamment des hommes de corpulence différentes. Ceci est plutôt rare dans le secteur publicitaire car le modèle parfait est plutôt mince et musclé. De plus, les hommes ne correspondant pas à ce modèle-type sont représentés plutôt négativement. Ils prennent les rôles des méchants, des personnages mauvais. En faisant ce choix, Celio entend s’inscrire dans le mouvement du “body-positive” c’est-à-dire l’acceptation et l’appréciation de tous les corps humains. Mais elle entend également afficher son inclusivité pour lutter contre les injonctions faites aux hommes.

Les photos publicitaires montrent également des hommes s’occupant de leurs enfants, faisant les courses ou encore en train de cuisiner. Des tâches qui sont associées à tort à la féminité. “Normaux mais pas normés – Celio est pour tous les hommes, pour tous les physiques, pour tous les hommes de la rue

Publicité Celio

Le mouvement de 2017 est donc un tournant chez les marques de produits masculins. La portée mondiale du mouvement MeToo sur Twitter les oblige non seulement à prendre conscience de l’impact des modèles de masculinités véhiculés par leurs publicités. Mais également à proposer des modèles de masculinités qui s’éloignent de considération patriarcales.

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L’éducation journalistique aux violences sexuelles https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/leducation-journalistique-aux-violences-sexuelles/ https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/leducation-journalistique-aux-violences-sexuelles/#respond Fri, 27 May 2022 08:11:13 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=240649 Comment rendre compte des agressions sexuelles lorsque l'on est journaliste. Nollan Bercy et martin Kennel se penche sur cette problématique.

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Les violences sexuelles faites aux femmes font désormais partie de la sphère publique. Pour Fanny Marlier, journaliste indépendante, la manière dont on traite ce genre d’affaires reste à peaufiner au sein des rédactions. Elle exprime en particulier l’importance du choix des mots.

Pour de nombreuses femmes, le mouvement #metoo a été une tribune internationale qui leur a permis de dénoncer les atteintes qu’elles subissent. Fanny Marlier, ex-rédactrice en chef du service web chez Les Inrockuptibles a connu l’arrivée de ce mouvement au sein de sa rédaction, « en 2019 il y a eu une véritable prise de conscience autour de ces sujets dans le monde du journalisme ».

Un journaliste se doit d’être précis lorsqu’il écrit. Encore plus lorsqu’il s’agit de violences sexuelles car dans ces affaires-là, des victimes sont impliquées. À travers son expérience, Fanny Marlier a pu constater une maladresse rédactionnelle dans les articles qui couvrent les agressions sexuelles, « il y a une manière d’écrire les choses. Un simple mot peut changer le sens d’une phrase. D’un terme à l’autre, on responsabilise plus ou moins la victime. Préciser sa tenue vestimentaire n’a rien de pertinent ». Le choix des mots est primordial. Il ne faut pas confondre viol et agression. Un viol implique qu’il ait eu une pénétration (si la victime a été pénétrée par un objet, il s’agit quand même d’un viol), si ce n’est pas le cas, il faut parler d’agression. La justesse des propos est tout aussi importante, « On ne dit pas d’une victime qu’elle s’est fait agresser, on doit dire qu’elle a été agressée. C’est ainsi qu’on les protège ». 

Les nouveaux outils de lutte

Les réseaux sociaux ont grandement participé à lutter contre les violences sexuelles. Pour la première fois, les victimes ont pu s’exprimer librement. Bénéficiant d’un grand mouvement de soutien (le #BalanceTonPorc par exemple) elles ont su s’y faire entendre, là où auparavant elles étaient délaissées par les grands médias et absentes des plateaux télévisés.

Selon Pauline Ferrari, journaliste chez Madmoizelle, Internet est un lieu d’apprentissage sur les combats féministes, «les grands journaux parlent peu de tout ce qui est identité de genre et sexualité, contrairement aux nouveaux médias et aux réseaux sociaux ». Elle explique aussi que le web se soucie autant des grandes affaires médiatiques que des affaires particulières.

Les enquêtes nominatives, mettant en scène les agresseurs qui jouissent d’un grand pouvoir médiatique, permettent de comprendre pourquoi ils arrivent fréquemment à faire taire tout le monde. Les journalistes se servent de faits particuliers pour mettre en lumière ces crimes qui sont beaucoup plus communs que l’on ne pense. C’est un phénomène extrêmement répandu qui touche énormément de victimes, bien différentes les unes des autres. Pauline Ferrari reconnaît l’importance de se consacrer aux faits isolés, «quand on parle d’un féminicide précis, cela nous permet de faire comprendre aux gens que des milliers de femmes vivent cette réalité au quotidien ».

Tous les formats sont bons

Aujourd’hui, il y a divers moyens de combattre les violences sexuelles. En plus des réseaux sociaux, on peut citer les enquêtes journalistiques. Le documentaire de Marie Portolano intitulé, Je Ne Suis Pas Une Salope, Je Suis Journaliste, en est le parfait exemple. Le monde de la musique n’échappe pas au phénomène, la chanteuse belge Angèle est notamment reconnue pour ses musiques engagées. Enfin, quand la presse et les voix ne suffisent plus, les gestes prennent la relève. Le départ d’Adèle Haenel à la cérémonie des Césars 2020 vaut plus que dix mille mots.   

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L’exposition des femmes dans les médias rap : le sexisme musicale https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/lexposition-des-femmes-dans-les-medias-rap-le-sexisme-musicale/ https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/lexposition-des-femmes-dans-les-medias-rap-le-sexisme-musicale/#respond Tue, 17 May 2022 08:56:19 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=240538 Les rappeuses françaises peinent à être mises en lumière dans les médias musicaux et notamment ceux consacrés au rap par Fatoumata Koulibaly

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Encore aujourd’hui, les rappeuses françaises peinent à être mises en lumière dans les médias musicaux et notamment ceux consacrés au rap. Leurs actualités et projets ne sont pas relayés au même titre que leurs homologues masculins. En 2015, la militante féministe et LGBT+, Eloïse Bouton a fondé Madame Rap, le premier média dédié aux femmes et aux LGBT+ dans le hip hop. Son objectif ? Apporter de la visibilité aux artistes qui n’en n’ont pas forcément, en cause leur genre ou leur orientation sexuelle, et surtout déconstruire cette idée que le rap et le féminisme sont forcément aux antipodes. 

En survolant les médias dédiés au rap, on peine à retrouver les actualités musicales des rappeuses françaises émergentes. Les rappeuses doivent trouver un moyen d’être mises en lumière sans passer par des plateformes qui pourraient être un tremplin pour leur carrière. Pour Eloïse Bouton, cela est dû à « un traitement sexiste qui existe dans tous les domaines« . Dans les médias par exemple, les femmes vont tendance à être invisibiliser et « vont rester très peu solliciter par rapport à leurs collègues hommes« . Un autre problème s’ajoute, dès lors que certaines rappeuses vont être mise en avant, cela ne va pas sans un traitement sexiste. On ne va pas se focaliser sur la musique de l’artiste mais sur les éléments superficiels qui peuvent l’entourer, la fondatrice de Madame Rap prend l’exemple de rappeuse Shay qui va être relayée, non pas pour sa musique mais pour ses tenues jugées sexy et aguicheuses. « Ce sexisme-là se trouve et du coté des journalistes et du côté de l’industrie musicale » ajoute Eloïse Bouton, les acteurs de cette invisibilisation des femmes dans les médias rap sont aussi les premiers à être mis en cause, ils ont le pouvoir de faire changer cette situation mais au final se plient au système patriarcal et sexiste déjà existant. 

Une exposition difficile

La sortie du documentaire Canal+ « Reine » réalisé par Guillaume Genton a fait renaitre des questionnements quant à la place des femmes dans l’industrie musicale. Ce documentaire retrace le processus de création d’un morceau signé de cinq rappeuses émergentes dans la scène actuelle (Chilla, Davinhor, LeJuiice, Bianca Costa, Vicky R). Ce documentaire qui avait pour but de mettre les femmes à l’honneur n’a pas convaincue la militante féministe et LGBT+, pour cette dernière, « il y avait un côté très téléréalité et beaucoup moins émission musicale« , le documentaire ne s’est pas réellement focalisé sur les méthodes de travail de chacune mais plus sur les liens qu’elles ont pu tissés, ce qui peut dans un sens, décrédibiliser leur statut de rappeuse. « Entre elles, elles ne parlent pas forcément de musique, le processus reste superficiel » ajoute Eloïse Bouton. De plus, il se trouve que lors de la création du morceau, l’équipe de beatmaking était exclusivement masculine, ce qui peut desservir la cause principale car la encore, les femmes sont aussi mises de côté. En 2019, Arte Radio leur a consacré un documentaire appelé « Beatmakeuses« , trois femmes, qui, à leurs débuts n’osaient pas produire de la musique.  Même si les femmes sont de plus en plus exposées dans la scène musicale, les médias rap ont toujours du mal à servir de tremplin pour les rappeuses françaises, qui demandent à être mises en avant pour leur talent sans subir de traitement sexiste.

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XY Média : premier média transféminisme de France https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/xy-media-premier-media-transfeminisme-de-france/ https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/xy-media-premier-media-transfeminisme-de-france/#respond Fri, 13 May 2022 11:52:33 +0000 https://www.master-journalisme-gennevilliers.fr/?p=240521 Comment exister lorsqu’en plus d’être un petit média indépendant, on revendique une identité minoritaire et marginale. Par Adèle Enguehard

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Comment exister dans un monde médiatique où les plateformes traditionnelles les plus installées sont souvent détenus par des milliardaires ayant droit de regard sur les sujets traités, et la manière dont il le sont ? Dans le contexte actuel, les médias indépendants doivent souvent faire face à de nombreux obstacles, surtout en terme de visibilité et de financement. Mais lorsqu’en plus d’être un petit média indépendant, on revendique une identité minoritaire et marginale, la situation se complexifie.

XY Média : transidentité et féminisme

C’est dans cette situation que se place XY Média, le premier média transféminisme audiovisuel de France. Il a été créé en 2021, et résulte d’un besoin de visibilité des personnes transgenres et de leur communauté. Carol Sibony, cofondatrice, explique « En France, des 150 articles qui sont parus en 2020 autour des questions liées à la transidentité, aucun n’avait été écrit par une personne concernée, ce qui est tragique. » Le média a pour but de porter et de visibiliser des individus et leur parole encore trop peu écoutée, sur des sujets qui les concernent directement. Pour rappel, une personne transgenre est une personne dont l’identité de genre n’est pas en adéquation avec le sexe assigné à sa naissance.

Au sein de l’équipe, des journalistes, des militant.e.s, des cinéastes et vidéastes, des ingénieur.e.s sons, des musicien.ne.s, tous et toutes concerné.e.s par les questions de transidentité. Comme les membres l‘expliquent : « Nous ne sommes pas tous.tes journalistes, nous avons pas de cartes de presse mais nous sommes pour la plupart engagé-es dans les luttes transféministes. Le média est un outil de lutte pour la libération de la communauté trans, historiquement opprimée ». Une lutte qui passe notamment par la production de contenus sur des sujets concernant la communauté transgenre. Par exemple, comme l’explique Carol Sibony : « On a sorti un reportage sur les dangers de la silicone liquide pour les femmes trans. Et c’est un reportage sur un sujet absolument inconnu de grand public et jamais abordé sur les médias généralistes, en particulier en France. »

Une visibilité à double tranchant

Depuis quelques années voire quelques décennies, l’on parle de plus en plus des questions  LGBTQ, et notamment du “T” de cet acronyme : les personnes transgenres. Les mœurs évoluent et les paroles se libèrent. Malheureusement,cela amène aussi des problèmes. Carol Sibony explique : « On est dans une situation où la visibilité pour les personnes trans augmente, mais c’est une visibilité à  double tranchant car elle amène une violence qui se démultiplie, particulièrement tournée vers les  femmes trans». Car être visible, c’est devenir une cible plus facile à atteindre. L’invisibilisation d’une communauté garantit sa sécurité, mais empêche aussi de discuter des difficultés auxquelles ladite communauté fait face. Lutter pour ses droits, c’est se mettre en danger. Les personnes transgenres font partie des nouveaux boucs émissaires de l’extrême droite, voire même de la droite tout court.

Pour donner un exemple, en décembre 2021, le Sénat a  approuvé un projet de loi visant à interdire les thérapie de conversion visant à « guérir » des  individus de leur homosexualité ou de leur transidentité. Ces « thérapies » seraient aussi inutiles que traumatisantes selon ceux et celles qui militent pour leur interdiction. Au scrutin concernant cette proposition de loi, 305 ont voté pour, et 28 contre. Dans ceux s’y opposant, une majorité de sénateurs du parti Les Républicains. La loi a pu être mise en place, mais elle était réclamée depuis déjà plusieurs années voire décennies, et une partie de la droite y était opposée. Et il faut aussi noter qu’il s’agit d’un sujet qui a été au centre de beaucoup de débats.« Le sujet et les cibles [ de la droite et l’extrême droite ] avant c’était le mariage pour tous, maintenant on vise les trans et on légitime cette violence dans des discours politiques en normalisant la transphobie », analyse Carol.

Lutter contre l’extrême droite montante

L’un des objectifs du média est donc de porter la parole des personnes transgenres. Mais étant donné le contexte politique du pays, il s’agit aussi de porter un discours politique s’opposant à celui, montant, de l’extrême droite. La logique derrière cet engagement est simple : les personnes transgenres font parties des cibles de l’extrême droite, « des pyromanes fascistes comme Eric Zemmour qui essayent de monter au pouvoir », ajoute Carol Sibony.

La création de XY Média est aussi une réaction au discours de haine transphobes, surtout dans un contexte où certains qualifient le climat politique en France de « fascisant ». C’est ici un moyen de mettre en place un espace d’expression d’un contre-discours « Il faut créer une présence médiatique pour répondre à ce discours de haine que certains tentent de normaliser, explique Carol Sidony, et c’est un aussi moyen de lutter contre une inondation sur les réseaux de contenus d’extrême droite. Par exemple le « média » Livre Noir, financé par des mécènes proche de  Zemmour ou Marion maréchal Le Pen produisent des contenus encourageant ces discours de haine envers certaines parts de la populations. ». Ce média publie très souvent sur ses plateformes des “enquêtes” et des articles sur le “wokisme” ou encore la théorie d’extrême droite du “grand remplacement”.

Topo sur la situation

A propos d’Eric Zemmour, ce dernier n’en ai pas à sa première attaque envers les personnes transgenres, et plus généralement, la communauté LGBTQ. En mai 2021, sur Cnews, il avait déclaré « Quotidien fait une émission à la gloire d’une gamine de 8 ans, Lily, qui dit qu’elle veut être un garçon ! Mais ce sont les expériences du Dr. Mengele ! ». Durant son meeting de décembre 2021 à Villepinte, il a bien précisé qu’il comptait bien continuer sur cette voix : « Nous chasserons de nos écoles le pédagogisme, l’islamogauchisme et l’idéologie LGBT ! ».

Des déclarations ni pertinentes, ni rassurantes pour conclure une année qui fut par ailleurs très meurtrières pour les personnes transgenres. En 2021 dans le monde, au moins 375 personnes trans ont été assassinées, recense le projet TvT. Soit 7% de plus qu’en 2020. Le projet TvT, Transrespect versus Transphobia Worldwild est un projet créé en 2005 qui s’est donné pour mission de recueillir des données et de construire des recherches concernant les personnes transgenres et leurs situations à travers le monde.

Si les données n’existent pas dans un domaine ou champ d’étude, le projet souhaite mener des recherches afin d’y remédier.

Trans, mais pas que

XY Média se définit comme le premier média audiovisuel transféminisme de France, et revendique cette identité particulière. Il permet de légitimer la parole des membres de la rédaction quand elle aborde ces sujets.

Néanmoins, la ligne éditoriale est claire : le média ne veut pas se limiter aux sujets et questions concernant la transidentité, le féminisme, et l’alliance des deux. « On ne se cantonne pas. Mais on est avant tout un média fait uniquement de personne trans, donc on parle de ce qui nous concerne. Il ne s’agit pas de parler que des personnes trans, mais le fait est, que c’est avec notre perspective, qui est matériellement spécifique. » développe Carol. En janvier 2022 par exemple, XY média a publié sur son site un long article analysant différents modèles économiques, plus particulièrement le capitalisme et le trotskysme, et leurs conséquences sur la question de la transidentité.

La rédaction propose finalement un regard nouveau et spécifique sur l’actualité et les problèmes sociétaux. Tout comme une personne racisée ne vivra pas les mêmes expériences qu’une personne blanche, les personnes transgenres ont un regard propre à apporter. Un regard qui peut permettre de mieux comprendre des problématiques spécifiques à cette communauté.

Offrir ce regard à travers XY Média a aussi pour enjeu d’atteindre un public au-delà de la sphère LGBTQ+. Les contenus sont autant d’occasion d’éduquer la population dans son ensemble, à apprendre plus sur des sujets encore très peu repris dans les médias plus traditionnels.

Mais quand un média revendique son indépendance, ainsi qu’une identité aussi marquée, se pose alors le la question de son existence en tant que tel, notamment au niveau financier.

Exister en tant que média indépendant

Dans le schéma des médias actuels, cela paraît compliqué d’être à la fois un média indépendant et  formé d’individus de communautés. Comme  l’explique Carol Sidony : « La position qu’on essaye d’occuper est un peu délicate, parce  qu’aujourd’hui la majorité des médias sont détenus par des milliardaires. C’est difficile d’avoir une plateforme qui soit pérenne face à cette nuée de médias ».

Néanmoins, l’équipe de XY Média est plutôt enthousiaste : le média fonctionne bien pour le moment.

Le nerf de la guerre

Hello Assos

Le projet XY Média a vu ses débuts en juin 2021, durant une compagne de don sur le site HelloAsso, une plateforme de financement de projet. Cette campagne a « cartonné » se réjouit Carol, et a permis à la rédaction d’avoir assez de fond pour fonctionner au moins un ou deux ans. « Il s’agit maintenant de créer un réseau de confiance avec des gens qui vont nous donner plus régulièrement par le biais de notre HelloAsso. Le but est d’avoir un terme des dons réguliers. » poursuit Carol.

Le média compte aussi sur des subventions pour débloquer plus de moyens. Il est par exemple subventionné par Ilga Europe, une ONG qui rémunère des projets liés aux questions LGBTQ. A l’image de cette ONG, la rédaction de XY Média recherche des subventions au niveau européen. Elle compte aussi faire appel à Transfund, une association internationale qui subventionne les projets de personnes transgenres. Pour le  moment, ce système fonctionne et le média se rapproche doucement de la stabilité financière qui  permettra d’envisager de nouveaux projets. Mais quoi qu ‘il arrive, la rédaction tient à garder ses productions et contenus gratuits pour le public, car, comme l’explique Carol : « On a besoin qu’ils  restent accessibles et gratuits, notamment car les personnes qu’on souhaite atteindre sont celles qui peuvent être sujettes aux violences qu’on dénonce. »

Une question de survie

De la création de XY Média à la recherche de sa stabilisation, notamment financière, tout est une question de survie. La survie des personnes transgenres, notamment les plus précarisées par le climat politique actuel : les migrant.e.s, les exilé.e.s, les précaires économiques… Mais pas que. Il s’agit aussi de la survie de la liberté de le presse, d’une parole combattant les discours de haine de l’extrême droite, des médias indépendants. XY Média envisage son existence comme un combat pour la reconnaissance de la parole des personnes transgenres, ainsi qu’une parole antifasciste. Un travail à la fois journalistique et militant et même pédagogique, car comme l’explique Carol Sibony : « Sur nos vidéos produites, certaines ont déjà été repartagées par des associations, rediffusées dans cadre de conférence, de festivals…Pour nous c’est vraiment énorme. »

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