Le journaliste de demain :

un journaliste « Shiva »

par Quentin Battais et Pierre-Yann Mazari

 

Le vendredi 20 février, nous recevions Arnaud Mercier, professeur à l’université de Lorraine, co-organisateur des Assises du Journalisme et président d’OBSWEB, l’observatoire du webjournalisme. En 2008, il a l’idée d’ouvrir une formation totalement consacrée au journalisme web, et s’intéresse particulièrement aux mutations de la profession de journaliste notamment les rapports aux changements technologiques.

Le journalisme a bel et bien un avenir ! Pour Arnaud Mercier, le journalisme d’aujourd’hui et de demain est dans une période de transition qu’il ne faut pas voir comme une difficulté. « Au contraire, les jeunes journalistes et les étudiants sont en capacité de réinventer leur métier, il ne faut pas avoir peur du changement, » insiste-t-il. Pour cela, il faut savoir se diversifier, être un journaliste « Shiva ». Aujourd’hui, le professionnel doit aussi bien être capable de tenir une caméra que de savoir rédiger un article ou de monter un reportage pour la radio car c’est ce profil de journaliste multifonctions qui est recherché par les rédactions.

De l’usage de Twitter

Arnaud Mercier s’intéresse également à la manière dont le journaliste se sert du web dans son travail. « On assiste à un journalisme en webullition car tout se fait en ligne« , souligne l’adepte du jeu de mots. Il est pour cela intéressant d’observer l’usage que font les journalistes des réseaux sociaux et la manière dont ils se sont réappropriés ces réseaux comme outils de travail. La plupart possèdent un compte Twitter à usage professionnel mais également personnel. Arnaud Mercier parle d’ailleurs d’une « ‘identwité du journaliste : sur ce réseau, je suis journaliste mais je suis également autre chose ». Dès la mise en forme de leur compte, les journalistes affirment que Twitter est un espace de liberté, une sorte de jardin pas si secret où ils vont pouvoir exprimer ce qu’ils ne peuvent pas dire dans les articles rédigés au sein de leur rédaction. D’où cette fameuse maxime : « mes tweets n’engagent que moi« . Twitter devient donc un espace d’éditorialisation. C’est également un lieu de contrôle contre le dérapage déontologique.

 

Pour le conférencier, ce sont ces différentes facettes qui vont permettre au journaliste de réinventer sa profession. Il a désormais les clés en main, à lui d’utiliser toutes les ressources dont il dispose à bon escient.