Les murs tombent

CARNET DE VOYAGE

Abou Gosh

 

Par Mathilde Blin

 

Mathilde Blin« Ici on rame à contre-courant… Mais nous on veut la paix. » Le discours est celui d’un pieux, partagé entre son optimisme et la réalité du terrain. C’est à Abou Gosh, un village à quelques kilomètres de Jérusalem, que Frère Olivier milite pour la coexistence des musulmans, des juifs et des chrétiens. Et pour cause, ce moine bénédictin est témoin des querelles religieuses de la région. Son monastère est implanté au cœur d’une ville arabe de 7000 habitants, au sein d’un état juif. L’homme y accueille tous ceux qui voudront bien prêter attention à son discours d’amour et de paix, à la limite de l’idéalisme.

Chauve, en robe blanche et l’air jovial le religieux distille sa pensée à travers des histoires toutes aussi surprenantes les unes que les autres. Il se souvient des réticences de jeunes militaires, musulmans ou juifs orthodoxes, à le rencontrer. Mais frère Olivier sait y faire. Il les reçoit dans le jardin de sa communauté, arboré et fleuri. Il discute, toujours avec patience et sincérité.

Le religieux a la mimique expressive, et détend l’atmosphère. Certains parlent d’un « one moine show ». Un qualificatif qui semble lui convenir, à en croire ses éclats de rire. Les mêmes qui ont sûrement convaincu les jeunes sceptiques. Après avoir écouté les contes de frère Olivier, l’adhésion est quasi-totale. La rencontre se termine en accolades. Les préjugés disparaissent. «Les murs tombent », assure t-il.