Par Johan Bescond

Emmanuel Hoog, PDG de l’Agence France Presse,

de passage à Gennevilliers

Au programme de la séance : le rôle de l’AFP dans les médias, l’ouverture d’un bureau dans l’un des pays les plus confiné du monde et une mise au point sur l’affaire Martin Bouygues, qui avait secoué l’institution il y a plus d’un an.

Ce vendredi après-midi, nous recevions l’un des hommes les plus influents de la planète médiatique.

L’AFP : agence mondiale

En effet, l’AFP, c’est plus de 200 bureaux présents à travers plus de 150 pays, la source d’information numéro un de la presse hexagonale et une charte de déontologie faisant référence pour tous journalistes. Partant de là, PDG de l’une des trois plus grandes agences de presse mondiale, ça vous situe le personnage. Mais trêve de flagorneries. Pour cette conférence, Emmanuel Hoog est venu nous parler de son quotidien de dirigeant d’agence de presse. De l’affaire Martin Bouygues à son rôle de président, en passant par la renégociation des accords sociaux pour le personnel de l’agence, tous les sujets ont été passés au crible.

Sur ce dernier point, l’énarque préfère temporiser et affirme qu’il s’agit là d’une « évolution logique pour une entreprise telle que l’AFP ». 117 accords sociaux, tous ratifiés depuis 1957, qu’il souhaite réaménager en un seul et même texte, afin de les harmoniser. Une décision qui lui a valu l’inimitié des syndicats lesquels ont multiplié les grèves et les actions coup de poing depuis cette annonce, faite il y a plus d’un an. Une position qu’il affirme comprendre, arguant que « cela fait partie de toute négociation, les syndicats jouent leur rôle ».

Concernant la polémique autour de l’annonce faite en 2015 de la mort de Martin Bouygues, PDG du groupe éponyme, par l’un des correspondants de l’agence, le dirigeant se défend : « Une erreur pour combien de bonnes dépêches ? » interroge-t-il, « On ne peut pas remettre en question toute la qualité du travail de nos équipes sur une seule erreur. » Il assure que l’incident a été traité et discuté en interne afin que cette mésaventure ne se reproduise plus à l’avenir.

Pyongyang

Depuis sa prise de fonction et suivant son leitmotiv « innover pour progresser », le PDG a entreprit de moderniser le traitement de l’information de l’agence, en développant notamment les outils numériques ainsi que les sujets traités sous forme vidéo. L’objectif : faire face à la nouvelle concurrence liée à l’essor des médias du numérique. Sous son mandat, l’AFP a également renforcé ses positions à l’internationale, ouvrant de nouveaux bureaux à l’étranger et notamment… à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. A la question : comment est-ce que l’on ouvre une agence dans l’un des pays les plus hermétiques de la planète ? Emmanuel Hoog expliquera qu’il s’agit là d’une volonté stratégique de l’AFP, pour suivre les pas de Reuters (Grande-Bretagne) et Kyodo (Japon), les deux autres agences également implantées sur le territoire nord-coréen. Une étape indispensable, selon lui, pour renforcer sa position sur le marché de l’information, qui plus est lorsque le bureau en question est autorisé à filmer et photographier le quotidien d’un pays complètement replié sur lui-même.

Malgré la stature de l’intervenant, la parole circule relativement bien lors de cette rencontre. Notre interlocuteur répondra de bonne grâce aux questions posées par les journalistes en devenir, non sans faire preuve d’une certaine habilité quand il s’agit de les embarquer là où il le souhaite, lorsque la question évoque un sujet trop sensible à aborder devant cet auditoire. A peine le temps de le questionner une dernière fois sur la singularité du travail des journalistes en Corée du Nord que les deux heures de conférence se sont écoulées. L’invité du jour doit maintenant s’éclipser.

Pour quel bilan ?

Si certains étudiants présents se plaindront d’une certaine « langue de bois », d’autres répliqueront que l’invité a dans l’ensemble joué le jeu. Malgré cela, les élèves sont unanimes sur une chose : Emmanuel Hoog a eu la courtoisie de se présenter à nous pour répondre à nos questions, et pour cela, le Master Journalisme de Gennevilliers le remercie.

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