Comme la plupart des étudiants français, Mattis, 18 ans, est confiné chez lui et doit suivre ses cours à distance. Une situation compliquée à vivre, surtout pour les jeunes bacheliers qui rentrent tout juste dans l’enseignement supérieur.

Un sentiment d’injustice

Après seulement 4 semaines de cours en présentiel, Mattis, étudiant en Licence d’Économie Gestion à la faculté de Nantes, se retrouve de nouveau bloqué chez lui à tenter de suivre comme il le peut ses cours à distance. C’est une situation qui est difficile à accepter car, selon lui, les mesures sanitaires qui étaient mises en place au sein de l’Université de Nantes étaient efficaces. En effet, avant le confinement, ses camarades et lui n’allaient en cours qu’une semaine sur deux : un compromis acceptable qui permettait de découvrir le monde des études supérieures tout en se protégeant du coronavirus. « Ça nous permettait quand même d’aller à la fac, de rencontrer les gens de notre classe, de rencontrer les profs surtout et d’avoir du contact. Ça permettait aussi de bien respecter le protocole sanitaire et de faire attention au COVID, surtout qu’on respectait des normes obligatoires bien évidemment : le port du masque, l’écart d’une place dans chaque salle (amphis et petites classes) et on faisait attention. » Ainsi, il ne comprend pas pourquoi les universités ont totalement fermé pendant ce deuxième confinement alors que d’autres établissements restent ouverts : « c’était un lieu de contamination, pour moi, moins important que les collèges et les lycées par exemple.»

La motivation mise à rude épreuve

Forcément, sans contact direct avec le milieu universitaire, il est plus difficile pour les étudiants de trouver la motivation de se mettre au travail. Les cours en distanciel via des logiciels de visioconférence sont souvent peu interactifs. Rester concentré face à son écran pendant trois ou quatre heures devient presque une mission impossible. « L’organisation actuelle a mis du temps à se mettre place. J’ai un emploi du temps avec des visios Zoom qui sont programmées. Certains profs font cours en visio, d’autres sont présents sur Zoom pour répondre à nos questions et faire certains approfondissements sur les cours disponibles en PDF en ligne.»

Ainsi, Mattis passe des journées entières enfermé dans sa chambre : « J’ai de bonnes conditions de travail, mais ce qui est moins évident c’est la motivation et je n’ai pas la coupure entre la fac et la maison qui permet de se remettre plus facilement au travail derrière. Là on est tout le temps au même endroit, jour et nuit, donc c’est moins intéressant et on n’a moins envie de se mettre au travail. »

Un stress supplémentaire pour les partiels qui arrivent à grand pas

La distance avec les professeurs, l’absence de travaux pratiques encadrés et de corrections régulières mettent à mal la confiance des étudiants dans leur avenir et surtout pour les partiels du premier semestre qui devraient se dérouler en présentiel, en janvier. Mattis, bon élève au lycée, n’a jamais connu de difficulté au cours de sa scolarité. Aujourd’hui, c’est différent, il avoue avoir un stress supplémentaire pour ses premiers examens dans le supérieur. « J’aurais été plus confiant si les cours avaient été en présentiel. Par exemple, là j’ai peur de passer à côté de quelque chose d’important dans le cours, alors qu’en présentiel c’est quand même plus facile de savoir ce qui se passe et les questions sont plus faciles à poser. »

« C’est quand même autre chose d’aller à la fac ! »

A côté des cours, la vie universitaire c’est aussi l’entrée dans le monde adulte, les premières sorties et l’occasion de nouer de nouvelles relations. Forcément, à distance, ce n’est pas la même chose… La vie universitaire, Mattis a à peine eu le temps de la découvrir. « J’ai l’impression de passer à côté de ce que c’est d’être à la fac et d’avoir 18 ans, et donc de pouvoir faire des tonus ou des sorties en ville avec les personnes de la promo. J’ai l’impression que mon début d’année étudiante est un peu gâchée. »

Heureusement que les réseaux sociaux permettent de garder un minimum de lien : « On a un groupe de classe sur les réseaux sociaux, et donc souvent on se pose des questions et on prend des nouvelles, on est pas mal actif sur le groupe donc ça c’est cool.»

Étudier en étant confiné est donc une situation loin d’être facile qui, on l’espère, est bientôt terminée !

Auteur/Autrice

  • Avant d’intégrer le Master de journalisme de l’université de Cergy-Pontoise, j’ai suivi une classe préparatoire khâgne-hypokhâgne BL et une troisième année de Licence LEMA (Lettres Edition Médias Audiovisuel) à la Sorbonne. Nantaise d’origine, je suis passionnée par les voyages et par le milieu de la télévision. Je suis présente et active sur les réseaux sociaux, à travers lesquels j’aime beaucoup communiquer. Je tiens d’ailleurs un compte Instagram (@twist.news) consacré à l’actualité.