L’annonce est tombée. Le 29 octobre 2020, le reconfinement national a été instauré pour endiguer la vague du COVID19. Un au revoir aux interactions sociales, aux rencontres et retrouvailles de la pièce-chambre-bureau-salle à manger du domicile parental. Une annonce qui vient chambouler un quotidien et une vie sexuelle offert furtivement par le déconfinement. 

Dans une ville de banlieue parisienne où seul un moyen de transport est nécessaire pour jouir des différents bars et restaurants attrayants pour la jeunesse, la vie sociale a disparu en emportant au passage les rencontres charnelles. Célibataire ou en couple, la pratique sexuelle est devenue un passe-temps du confinement à la même enseigne que le binge-watching. Mais sera-t-elle suffisante pour endurer un deuxième confinement ?

« Pendant le premier confinement, la masturbation a été bénéfique pour ma santé mentale » confie Mathias*, 25 ans, célibataire et habitant de la ville. La vie sexuelle a connu de nombreux rebondissements lors de la première période de confinement observé par une hausse de la pratique solitaire. Un onanisme ( masturbation pour les aficionado) respectant le cahier des charges des gestes barrières : seul(e), la pratique a permis à de nombreux individus de gérer le stress émotionnel engendré par un contexte historique.  Une hausse de la masturbation dont les plateformes pornographies comme Pornhub ont su saisir l’opportunité en proposant leurs contenus payants accessibles à tous. Au domicile parental, Mathias a encaissé l’annonce d’un reconfinement comme « un arrêt brutal de sa [ma] vie sexuelle et amoureuse », rendant impossible l’interaction physique avec un partenaire dans « une ville où il est difficile de faire de nouvelles rencontres ». La pratique solitaire ne « pourra pas remplacer mon désir d’avoir une relation avec l’autre » déclare Mathias.

“Je suis jeune et j’ai l’impression que cette crise sanitaire va m’enfermer dans une routine sexuelle pour l’éternité “

La vie sexuelle au sein du couple de Chloé*, 22 ans, lors d’un premier confinement a été périlleuse. À distance, Chloé et son partenaire entretenaient la flamme via des sexcalls.  « Pratiquer tous les jours devenait un réflexe, c’était un moyen pour nous de survivre dans cette situation stressante ». Le déconfinement avait permis à Chloé et son partenaire de se retrouver à l’extérieur, en profitant du bar-restaurant typique de la ville, quartier général de la jeunesse. Le retour à un confinement strict « m’angoisse sur ce que pourrait devenir ma vie sexuelle » s’inquiète Chloé, « je suis jeune et j’ai l’impression que cette crise sanitaire va m’enfermer dans une routine sexuelle pour l’éternité ».

La crise sanitaire a instauré une incertitude sur l’avenir de la vie amoureuse et sexuelle de la jeunesse. La quête du partenaire pour les célibataires est entravée par la distanciation sociale. Les couples séparés par la distance profitent de l’instant présent sans pour autant se projeter. Un confinement aux répercussions brutales sur le cercle social et ses pratiques d’une jeunesse rêvant du monde d’avant.

*Les prénoms ont été modifiés