Illustration du livre les armoires vides

Les armoires vides et la relation Dominants-dominés

par | Annie Ernaux | 0 commentaires

Par PY. Mazari, J. Thévenot, A. Yildiz, L. Pertuiset

Universitaire aux Etats-Unis, Pierre Bras traitait lors du colloque le thème de la « résistance aux codes sociaux » au sein de l’oeuvre d’Annie Ernaux.

La représentation de la distinction entre les classes et les sexes provoque l’invisibilité des dominés : tel est le prisme choisi par Pierre Bras pour présenter l’œuvre d’Annie Ernaux. Partant du principe que les codes sociaux des dominants effacent par des écrasements les dominés, il choisit comme exemple l’école, thème principal du roman de l’auteure « Les Armoires vides ».

Lieu de l’agissement social et de la loi du plus fort, l’universitaire veut la lier à la célèbre fable « Le loup et le chien »La Fontaine y posait comme morale : «le chien qui mange à sa faim est sous la domination de l’homme alors que le loup affamé reste libre».

Pour Pierre BrasAnnie Ernaux montre dans ses écrits que la révolte des dominés est impossible face à des règles invisibles. Les règles de bonne conduite sont par exemple imposées dès le plus jeune âge aux jeunes filles dans « Les Armoires vides ».

La domination aussi exprimée par une violence symbolique. Pierre Bras présente les règles sociales comme «permettant aux puissants d’avoir le pouvoir de vie et de mort sur les autres». Il prend alors l’exemple de « L’Etranger » d’Albert Camus.

Ne se pliant pas aux codes sociaux, le personnage principal y est condamné à mourir. Face à cette représentation de la domination, Annie Ernaux souhaite donner une visibilité par l’écriture aux personnes invisibles.

Son écriture est en rapport avec l’art modeste qui utilise des produits communs pour leur donner une visibilité. Mais dans « Les Armoires vides », le constat est sans appel : cette tentative de libération des codes sociaux est vite rattrapée par le retour des codes de bonnes conduites. Annie Ernaux reprend la symbolique des contes de fées au sein de son roman autobiographique pour représenter la relation avec sa mère.

Cette dernière est comparée à une sorcière qui la retient prisonnière et incarne la pudeur, le sevrage. Autre référence, cette fois à La princesse au petit pois, l’héroïne elle-même, frappée et enfermée dans sa chambre par sa mère.

Pierre Bras conclut sur le thème de la faim et de la nourriture, récurrent dans l’oeuvre d’Annie Ernaux

 

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