Dans son rapport sur la représentation des femmes dans les médias en temps de crise, Céline Calvez, député de la 5e circonscription des Hauts de Seine, observe un affaiblissement important de la parole féminine à l’antenne durant les deux premiers mois du confinement.

La mission lui a été confiée par le Premier ministre, Édouard Philippe, en avril dernier. Céline Calvez s’est penchée sur la présence des femmes journalistes et des expertes sur l’ensemble des médias pendant la crise du coronavirus. Pour ce rapport, la députée des Hauts de Seine a rencontré 200 personnes, et 80 longuement auditionnées. Une dizaine d’études, auxquelles ont participé le CSA et l’INA, ont été réalisées. Toutes démontrent que l’épidémie a « impacté la situation des femmes et a joué un rôle d’exhausteur des inégalités ».

Un taux d’expertes à la baisse

Un chiffre se distingue au sein des 126 pages du rapport. Le nombre d’expertes invitées sur les plateaux télévisés durant la crise sanitaire ne dépasserait pas les 9%, contre 40% en moyenne à l’année. « L’urgence de la situation a davantage précipité la représentation des pouvoirs » déplore Céline Calvez qui évoque une « invisibilisation médiatique des femmes ». Ce phénomène s’expliquerait par un carnet d’adresses où le masculin l’emporte : « Face à l’urgence, les journalistes constatent qu’il n’y a pas suffisamment d’experts sur ce qui se passe, détaille la députée des Hauts-de-Seine. On regarde alors qui détient le plus de titres ». Ces titres, majoritairement détenus par des hommes, ont fait la Une très critiquée du Parisien le du 5 avril 2020. « Ils racontent le monde d’après »  : seuls quatre hommes experts (un climatologue, un commissaire européen, un généticien et un politologue) s’expriment… L’absence de femmes dans l’illustration de presse joue également, selon Céline Calvez, un rôle dans les représentations médiatiques.

26 préconisations pour sensibiliser aux questions de parité

Cette disparité reste inacceptable pour Céline Calvez : « Si les médias reflètent ces inégalités quotidiennes, ce serait y contribuer ». Dans son rapport, la députée a inscrit 26 préconisations afin d’accompagner les médias vers la parité. Parmi elles, l’instauration d’un bonus-malus pour les entreprises de médias ne respectant pas les obligations légales en termes d’égalité salariale. La députée des Hauts-de-Seine reste convaincue que des sanctions financières permettraient d’apporter « plus d’effets immédiats ».

Il en est de même pour les producteurs qui sollicitent les aides du Centre National du Cinéma (CNC) : en cas de contenus sexistes ou dégradants, ils se verraient refuser le renouvellement d’une aide budgétaire pour la réalisation de projets cinématographiques. Les propositions de sensibilisation à la parité incitent également les médias à s’équiper d’outils mesurant la place des femmes dans les contenus d’informations. Certaines rédactions comme Ouest-France ont déjà adopté cette dernière initiative.

Auteur/Autrice

  • L'idée de devenir journaliste m'est venue par hasard. De nature créative depuis mon enfance, je pratique la photographie à mes heures gagnées. J'ai découvert l'écriture en même temps que l'actualité lorsque j'étudiais la communication. Ces deux rencontres ont provoqué le déclic pour le journalisme. Un soir, dans un train, j'ai ouvert un carnet vierge et j'ai écrit sur l'affaire Jacqueline Sauvage qui me captivait. Puis, les révélations de Julian Assange, l'Histoire contemporaine, la politique et d'autres domaines auxquels je me suis soudainement intéressée m'ont poussé à effectuer des stages et postuler pendant l'été dans des rédactions, dont Le Progrès, quotidien lyonnais.. Originaire du Beaujolais, je suis montée à Paris pour préparer une licence de Lettres, parcours "Métiers de l'écrit". Avant d'entrer à Cergy Paris, j'ai profité d'une année de césure consacrée à deux stages dont l'un en Journalisme Web chez Bayard Presse. Curieuse et intriguée par le monde des médias (leurs stratégies, leurs attraits), mon idéal serait de traiter de sujets politiques et/ou internationaux.